Les prévisions internes de Sony, qui tablaient sur un million d’unités écoulées en six jours, sont pulvérisées : la demande est telle que les stocks disparaissent en quelques heures, parfois en moins d’une matinée. Les images de files d’attente interminables, de clients triomphants brandissant leur boîte noire et de revendeurs profitant de la pénurie pour gonfler les prix font le tour du monde. Pourtant, cet engouement sans précédent ne repose pas sur les qualités vidéoludiques de la machine, mais sur une innovation majeure : son lecteur DVD intégré.
À cette époque, les platines DVD autonomes restent un luxe, avec des prix oscillant entre 500 et 800 euros. La PS2, proposée à un tarif bien inférieur (environ 400 euros), se positionne comme une alternative séduisante pour les foyers japonais. Résultat, les ventes de films en DVD s’envolent dès le premier week-end. The Matrix, sorti quelques mois plus tôt, devient un best-seller instantané, symbole d’un basculement culturel vers le nouveau format. Pour une large partie du public, la console de Sony n’est pas un simple jouet high-tech, mais un appareil multimédia polyvalent, capable de remplacer avantageusement un lecteur dédié.