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Test - Last Flag

Le CTF que nous attendions?

Après plusieurs semaines passées en compagnie de Last Flag, du premier playtest en compagnie de son équipe de développement à la version finale, il était temps de ranger la manette et de rendre nos conclusions. Le constat ? Un coup de cœur pur et simple.
Night Street Games ne fait pas un hero shooter qui déborde de Capture the Flag. C'est l'inverse : les frères Reynolds ont construit un jeu de CTF authentique, celui que nous jouions à la scout dans les bois, éparpillé dans les forêts, parfois seul face à l'hostilité du terrain et de l'ennemi. Et pour une fois, un studio a réussi à transposer cette sensation dans un environnement compétitif sans la noyer sous des couches inutiles de mécanique

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Le CTF avant tout, le reste en soutien

Valorant, Overwatch, Concord : tous ces jeux placent l'affrontement direct au cœur de leur expérience. Le drapeau n'y est qu'un objectif parmi d'autres, une excuse narrative pour justifier les fusillades. Last Flag refuse cette hiérarchie. Le drapeau EST le jeu. Pas de deathmatch de façade, pas d'expérience secondaire cachée sous les abattages d'ennemis.

Votre première minute, vous la passez à dissimuler votre drapeau quelque part sur la moitié de la map. Pas de stratégie pré-établie, juste l'intuition de la cachette parfaite. Celle qu'on voudrait dans un vrai bois : derrière un rocher, dans une fissure, au sommet d'une structure qu'on espère inatteignable. Cette mécanique, à elle seule, ramène une dimension stratégique que les autres ont abandonnée : l'attente, la patience, l'organisation collective en amont.

Puis viennent les soixante secondes de trêve relative. Les deux équipes envoient leurs joueurs shooter des robots de ressources, les Cashbots, pour accumuler de l'or et déverrouiller les améliorations d'aptitudes. C'est un détail qui fait sens. Pendant que vos équipiers économisent et se préparent, vous pouvez déjà songer à vos première directions d'éclaireur. Le jeu vous oblige à penser en équipe dès le départ, même si vous jouez avec des inconnus.

Puis la chasse commence. Les trois tours radar deviennent votre champ de bataille. Les contrôler, c'est éliminer progressivement les zones de la grille ennemie, forcer vos adversaires à chercher dans des carreaux toujours plus restreints. C'est un tug-of-war élégant : maintenir votre emprise en défense, repousser l'adversaire en attaque. Chaque tour est un fast-travel, un point de régénération, une base arrière. On la joue serrés autour.

Une fois le drapeau trouvé, le sprint du retour crée une tension presque palpable. Et là, contrairement à ce qu'on pourrait croire, Last Flag ne devient pas une course linéaire. Certains choisissent de rester côté ennemi, de se planquer dans une grotte, d'attendre que la situation s'apaise. D'autres foncent à travers la ligne médiane en acceptant de ping sur le radar. Ce n'est qu'une fois franchie cette frontière invisible que vous devenez visible. Encore une couche de tactique, encore une raison de communiquer avec votre équipe.

Enfin, la défense du drapeau pour une minute complète : le chaos organisé. Les portes s'ouvrent, les ennemis essaient de voler l'étendard, vos coéquipiers se déploient pour les bloquer. C'est frénétique, c'est vivant, c'est exactement le sentiment de panique qu'on avait à la scout quand on savait que le raid venait. Si l'adversaire arrive à récupérer son drapeau, tout sera à refaire, autant dire que cette minutes pourra, à certaines occasions vous paraître une éternité !

Les neuf personnages - Des roles qui s'imposent naturellement

Last Flag ne vous force pas dans une case. Arsenal, la spécialiste en génie militaire, peut appuyer partout : son fusil à plasma tient la distance, ses tourelles verrouillent les axes, sa pistolet de téléportation sauve vos alliés ou les envoie au loin. Scout, l'éclaireur avec son faucon, devient votre meilleur ami quand vous décidez de partir seul fouiller les coins. Lumberjack, costaud massif aux haches massives, s'impose naturellement quand la défense du flag devient un mur.

Mais aucun n'est surpuissant si vous savez vous organiser. C'est là qu'on rejoint le point crucial : Last Flag n'est réellement bankable que si vous jouez en équipe, en vrai. Pas une équipe figée dans une meta, mais une bande qui se dit "je vais chercher", "je défends les tours", "je soutiens le carrier".

Un groupe qui ne communique pas aura l'impression que c'est du chaos inégal. Trois Arsenal ennemi qui déploient leurs tourettes partout ? C'est un mur. Mais deux équipiers qui vont cibler ces tourelles, l'un les attirant en défense, l'autre les démolissant ? Soudain le problème s'aplatit.

Skyfire n'est pas un lanceur de flammes inutile. Roadie n'est pas un lanceur grenades "stale". Ils trouvent leur raison d'être quand vous acceptez l'idée que chacun a un rôle à jouer au moment où vous en avez besoin. C'est pour ça qu'on peut changer de perso à volonté entre deux respawn! C'est le propre du CTF : pas de kill feed pour valider votre existence, pas d'enjeu personnel. Juste une mission collective.

La sensation immédiate et l'incarnation du terrain

Last Flag tourne comme du beurre. On navigue sans a-coups, les hitboxes répondent à la manette, les visual de dégâts sont nets. Rien de pédant : le jeu vous laisse respirer. Les matchs s'écoulent entre 10 et 20 minutes, rarement plus. C'est le bon dimensionnement. Ni un engagement éternel, ni une expérience jetable.

La direction artistique emprunte librement à Team Fortress 2 (les silhouettes, le charm des persos), mais elle digère rapidement l'influence.  Le design des maps mérite mention. Elles sont généreuses, labyrinthiques, remplies de cachettes crédibles. Aucune n'est un simple couloir avec des caissons. Les niveaux respirent, offrent des chemins alternatifs, récompensent l'exploration. Une structure sur un toit, une caverne souterraine, des forêts denses avec des débouchés secrets. C'est du design pour les éclaireurs. Et les deux cartes au lancement suffisent largement : elles ont assez de profondeur pour que vous découvriez des subtilités pendant des dizaines de parties.

La BO 70s, créée par Dan Reynolds et ses collaborateurs, parfume le tout sans l'écraser. Elle s'accélère quand les enjeux montent, scande les compteurs du flag. Elle crée une ambiance de show télévisé kitsch et assumée, où les enjeux sont énormes et les personnages sont des vedettes. C'est du game feel intégré au son, pas un placage.

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Points Forts

➤ Un CTF authentique dans un paysage saturé de hero shooters 

➤ L'ADN coopératif vraiment présent

➤ Design de maps généreux et intelligemment pensé 

➤ Neuf personnages avec du charisme naturel 

➤ Dimensionnement parfait des matchs 

➤ Direction artistique cohérente

➤ Modèle économique honnête 

➤ Performances solides.

Points Faibles

➤ L'équilibre héros dépend fortement de la composition d'équipe 

➤ Seulement deux maps au lancement – Suffisant en profondeur, mais limité en variété visuelle. 

➤ Le jeu révèle son vrai potentiel uniquement en team organisée 

Performances sur Steam Deck et Legion Go S

Last Flag est très bien optimisé pour les handhelds. Sur Steam Deck comme sur Legion Go S, le jeu tourne de manière très fluide e) avec des réglages moyens à élevés. Aucune chute de framerate notable, même dans les phases les plus chaotiques. Les contrôles à la manette sont précis, les hitboxes réactives, et le jeu reste agréable en mode portable sans chauffe excessive. Bref, aucun souci technique : il se lance et se joue « crème » dès la sortie, ce qui est rare pour un nouveau multiplayer. Si tu vises du multijoueur nomade, c’est parfaitement jouable sur les deux machines sans compromis majeur.

Verdict

Last Flag est un coup de cœur, un jeu pensé par des joueurs pour des joueurs. Des gens qui ont grandi en jouant aux jeux vidéo, qui ont compris ce qui rend un multiplayer vivant : l'ambiance, la clarté, la vraie coopération. Et qui ont osé dire non au modèle hégémonique des hero shooters qui mettent le combat personnel au centre. Ce n'est pas parfait. Il y a des rééquilibrages à faire, des personnages à affiner. Mais là n'est pas la question.

Last Flag mérite votre temps. Surtout si vous avez gardé un souvenir doux des nuits de capture au drapeau, avant que tout le divertissement numérique ne devienne transactionnel. Trouvez une équipe, communiquez, organisez-vous. C'est là que le jeu se révèle vraiment.

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Last Flag

Last Flag

Dev Night Street Games
Éditeur Night Street Games
Sortie Sorti le 14/04/2026
Plateforme PC-Windows
Genre Action
PEGI 12+

Cachez votre drapeau. Trouvez le drapeau adverse. Ramenez-le et défendez-le pendant une minute pour l'emporter. Last Flag est un jeu de tir en 5c5 frénétique, une compétition qui mêle stratégie ...