Bannière gauche
Bannière droite

TEST - The Rogue Prince of Persia (Switch / Switch 2)

La version physique débarque ce jour dans une version finale.

Quand Ubisoft a confié la licence Prince of Persia à Evil Empire, le studio bordelais responsable du contenu post-lancement de Dead Cells, la réaction logique était de s'attendre à un Dead Cells déguisé en habit perse. C'est d'ailleurs exactement ce qu'on obtient, pour le meilleur et pour le pire. The Rogue Prince of Persia débarque aujourd'hui en version physique sur Switch 1 et Switch 2 après être passé par un accès anticipé remarqué, une sortie 1.0 en août 2025, puis un lancement numérique sur les consoles Nintendo en décembre. Le jeu arrive donc avec plusieurs mois de recul et de mises à jour derrière lui, ce qui se ressent.

Capture d’écran (6002).png

Un Prince acrobate dans un monde en feu

L'histoire est fonctionnelle sans être mémorable. Les Huns, galvanisés par une magie noire, envahissent la cité de Tisfun. Le Prince tombe au combat, puis ressuscite grâce à un bola magique qu'il porte depuis l'enfance. Ce talisman le renvoie en arrière dans le temps à chaque mort, ce qui intègre la mécanique roguelite dans la narration plutôt que de la plaquer dessus artificiellement. L'idée rappelle Les Sables du Temps, en bien moins sophistiqué sur le plan émotionnel. Les personnages secondaires - une guide, des alliés récupérés au fil des runs - existent surtout pour meubler les dialogues de l'Oasis, le hub central. Ils ne font pas grand-chose pour marquer les esprits, mais ils ne gênent pas non plus.

Capture d’écran (6006).png

Le mouvement avant tout

C'est là que le jeu se révèle. Le Prince dispose d'un répertoire de déplacements généreux : course sur les murs, rebond sur les barres, glissade sur les piliers, dash directionnel. Tout ça se combine naturellement et donne aux runs un rythme qui tire vers le flow plutôt que vers la prudence. On est loin du Dead Cells, où la prise de risque était davantage liée au combat. Ici, c'est la traversée elle-même qui récompense l'audace.

Le système de combat est plus conventionnel : une arme principale, une arme secondaire alimentée par une jauge, des esquives, des coups de pied pour repousser les ennemis. Rien de révolutionnaire, mais ça s'articule bien avec les déplacements. Les médaillons - des objets passifs qu'on combine pour créer des synergies - constituent le vrai levier de personnalisation du build. On peut arriver à des combinaisons surprenantes, comme transformer chaque acrobatie en explosion de résine enflammée. La profondeur est là, elle demande juste du temps à se déverrouiller.

La progression permanente, elle, passe par les Soul Cinders,des ressources à déposer entre les niveaux pour ne pas les perdre à la mort - et des points de compétence gagnés en progressant. Le début est relativement lent : il faut plusieurs runs avant que les améliorations ne se fassent sentir. C'est un reproche légitime, surtout pour ceux qui arrivent au jeu en espérant une difficulté roguelite musclée. Evil Empire a visiblement volontairement calibré le jeu vers l'accessibilité, ce qui peut frustrer les vétérans du genre.

Capture d’écran (6008).png

Direction artistique : le bon choix

Visuellement, The Rogue Prince of Persia est l'un des plus beaux jeux du genre. Le style "ligne claire", évocateur de la BD franco-belge, donne aux environnements une lisibilité remarquable et une personnalité forte. Chaque biome, l'Aqueduc en ruines, la Grande Académie, les quartiers luxuriants - joue sa propre palette chromatique avec cohérence. C'est d'autant plus méritoire que ce type d'esthétique peut sembler trop propre dans les zones sombres, mais Evil Empire garde une maîtrise du contraste suffisante pour que ça ne nuise jamais à la lisibilité des combats.

La bande-son mérite également mention. Les instrumentaux persans traditionnels mêlés à des beats électroniques donnent un ancrage culturel sincère à l'ensemble, sans jamais tomber dans l'exotisme de façade.

Capture d’écran (6009).png

Sur Switch 2 : la bonne surprise

La version Switch 2 tourne en 60 fps stables, en mode docké comme en nomade. C'est l'essentiel pour un jeu où la réactivité de lecture des plateformes et des ennemis est primordiale. Les temps de chargement entre les niveaux sont légèrement plus longs que sur les versions PS5 ou PC, mais ça reste dans des limites acceptables et on l'oublie rapidement une fois dans l'action. Le jeu brille particulièrement en nomade : la durée d'un run se marie bien avec une session portable, et la lisibilité du style artistique passe sans accroc sur petit écran.

À noter : une connexion à un compte Ubisoft est requise pour jouer en ligne. Le mode hors ligne fonctionne sans ça, mais il faut y penser en amont.

Capture d’écran (6018).png

Ce qui coince

La comparaison avec Dead Cells est inévitable, et elle ne joue pas toujours en faveur du jeu. Certaines zones, certains boss, certains layouts évoquent trop directement l'ancêtre pour qu'on puisse parler d'hommage assumé plutôt que de recyclage. Le jeu n'a pas la densité de contenu ni la rejouabilité de son modèle à stade équivalent. Et là où The Lost Crown impressionnait par son originalité de game design au sein de la même franchise, The Rogue Prince of Persia joue davantage la sécurité.

La difficulté, calibrée vers le bas, privera certains joueurs de la sensation de tension qui rend les roguelites vraiment addictifs. Mourir a rarement des conséquences déchirantes ici.

Capture d’écran (6021).png

Points Forts

➤ Mouvement et parkour d'une fluidité remarquable, vrai plaisir de traversée

➤ Direction artistique "ligne claire" visuellement cohérente et lisible

➤ Bande-son réussie, mélange instruments persans et électro

➤ 60 fps stables sur Switch 2, en docké comme en nomade

➤ Accessible, bonne porte d'entrée pour les néophytes du roguelite

➤ Système de médaillons qui permet des synergies de build intéressantes

Points Faibles

➤ Trop proche de Dead Cells structurellement, manque d'identité propre

➤ Difficulté trop faible pour les habitués du genre

➤ Progression permanente lente en début de partie

➤ Narration et personnages secondaires peu mémorables

➤ Temps de chargement légèrement plus longs que sur les autres plateformes

➤ Compte Ubisoft requis pour jouer en ligne

Verdict

The Rogue Prince of Persia est un bon jeu. Pas un incontournable, pas une révolution, mais un titre bien fabriqué, généreux dans ses sensations de déplacement et visuellement soigné. Evil Empire maîtrise son sujet - trop, parfois, au point de ne pas oser s'éloigner du cadre qu'ils ont déjà tracé avec Dead Cells. Pour quelqu'un qui n'a jamais touché au roguelite ou qui veut une entrée accessible dans le genre, c'est une excellente porte d'entrée. Pour les habitués du genre qui cherchent à être bousculés, le compte n'y est pas tout à fait.

La version Switch 2 physique, disponible depuis aujourd'hui, est techniquement au niveau. Si vous avez hésité à sauter le pas depuis la sortie numérique, c'est une version recommandable.

badge-valeur-sure.png
The Rogue Prince of Persia

The Rogue Prince of Persia

Dev Evil Empire
Éditeur Ubisoft
Sortie Sorti le 16/12/2025
Plateforme Multi
Genre RogueLite
PEGI 12+

Dans ce roguelite exigeant et effréné, chaque mort est l'occasion de réécrire le destin et de sauver la Perse ou de périr en essayant. Maîtrisez un combat et un parkour fluide et acrobatique, et...