Une partie en trois temps, pensée pour le collectif
Une partie de Last Flag se structure autour de trois phases bien distinctes, qui conditionnent toute la lecture stratégique du match.
Tout commence par une phase de préparation. Chaque équipe dispose d’une minute pour aller cacher son drapeau dans son propre camp. Un seul joueur peut s’en charger, ce qui oblige rapidement l’équipe à s’organiser : qui part reconnaître le terrain, qui couvre, qui anticipe déjà les futures routes d’infiltration. Cette première décision pèse lourd sur la suite de la partie.
Une fois le drapeau dissimulé, tout le monde revient au hub, puis le match démarre réellement. Les équipes disposent alors de 15 minutes pour accomplir l’objectif principal : localiser le drapeau adverse, le récupérer, le ramener dans sa base, une pyramide creuse bien visible, et le défendre pendant une courte période face à la contre-attaque ennemie. Si aucune équipe n’y parvient avant la fin du temps imparti, la partie bascule en élimination directe : la première équipe qui ramène un drapeau chez elle l’emporte immédiatement.
Lire la carte avant de la dominer
Les cartes adoptent une structure rectangulaire, divisée en deux camps symétriques, nord et sud. Le terrain est découpé en zones quadrillées qui changent de couleur lorsqu’elles sont explorées. Une case validée indique clairement que le drapeau n’y est pas caché. Cette mécanique transforme la recherche en véritable travail d’enquête collective, où la communication devient primordiale.
Deux grandes approches se dessinent naturellement. La première consiste à quadriller méthodiquement le camp adverse, zone par zone, jusqu’à réduire les possibilités. La seconde mise davantage sur la prise de contrôle du centre de la carte, où se trouvent trois points stratégiques (A, B et C). En capturant ces zones, l’équipe obtient un avantage crucial : les éclaireurs peuvent alors exploiter ces points pour obtenir des informations et orienter plus efficacement la recherche du drapeau.
Dans les deux cas, la réussite passe par une répartition claire des rôles. Ceux qui partent au contact, ceux qui sécurisent les zones, et ceux qui communiquent en permanence les informations récoltées.
Des personnages complémentaires, pas interchangeables
Last Flag propose neuf personnages jouables, chacun équipé d’une arme principale et de deux bonus passifs qui définissent son style de jeu. Sans tomber dans le hero shooter pur, le titre encourage clairement la complémentarité. Certaines capacités facilitent l’exploration, d’autres le combat ou le soutien, et une équipe désorganisée aura rapidement du mal à exister face à un groupe coordonné.
Sur la carte, de petits robots disséminés servent de source de revenus. Les éliminer permet de récupérer de l’argent, utilisé ensuite pour améliorer l’équipement en cours de partie. Là encore, le choix est collectif : investir pour renforcer un porteur de drapeau, ou répartir les améliorations pour tenir le terrain.
Mobilité, tension et gestion du drapeau
Le gameplay se veut rapide et lisible, avec une mobilité généreuse. Tant que le joueur ne porte pas le drapeau, il peut sprinter sans contrainte. Une fois l’objectif en main, les choses changent : une jauge d’endurance apparaît, imposant une gestion plus fine des déplacements. Impossible de courir en continu, il faut alterner sprint et marche, anticiper les embuscades et choisir ses trajectoires avec soin.
En combat, lorsqu’un joueur est mis à terre, il ne disparaît pas immédiatement. Il peut ramper quelques secondes et être réanimé par un équipier, ce qui renforce encore l’importance du jeu d’équipe. Une élimination définitive entraîne un délai d’une quinzaine de secondes avant le retour en jeu, avec la possibilité d’abréger l’agonie pour revenir plus vite dans l’action.
Direction artistique et ambiance sonore
Visuellement, Last Flag opte pour un style cartoon assumé, avec des personnages expressifs et des animations fluides. L’ensemble reste volontairement simple, mais lisible, au service de l’action et de la compréhension immédiate du terrain. Le jeu ne cherche pas l’esbroufe technique, mais une identité claire et cohérente.
La bande-son accompagne efficacement les matchs, discrète mais bien intégrée à l’univers. La patte musicale est reconnaissable, avec l’implication directe de Dan Reynolds, que l’on retrouve aussi au doublage de certains personnages et sur plusieurs morceaux.
Verdict provisoire
Avec Last Flag, Night Street Games propose une relecture intelligente de la capture de drapeau, centrée sur la coopération, la communication et la prise de décision collective. Le chat vocal intégré n’est pas un simple confort : il devient un outil indispensable pour exister face à une équipe organisée.
Le jeu ne repose pas uniquement sur l’adresse ou le réflexe, mais sur la capacité d’un groupe à réfléchir et agir ensemble. Si l’équilibrage demandera encore à être affiné sur la durée, la proposition est déjà solide et suffisamment originale pour se démarquer dans le paysage des shooters multijoueurs.
Une preview qui laisse entrevoir un titre taillé pour ceux qui aiment gagner… ensemble.