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Preview : The Eternal Life of Goldman - quand la plateforme devient un conte vivant

Une claque visuelle et émotionnelle. Avec sa démo d’une rare générosité, The Eternal Life of Goldman impose une fable animée d’une richesse et d’une maîtrise qui marquent durablement.

The Eternal Life of Goldman est un jeu de plateforme 2D narratif développé par Weappy Studio et édité par THQ Nordic. Présenté comme une aventure dessinée à la main, le titre ne tarde pas à confirmer ses ambitions dès les premières minutes. La démo actuellement disponible sur Steam ne se contente pas d’un simple aperçu technique : elle pose les bases d’un univers dense, d’un gameplay déjà riche et d’un récit étonnamment profond.

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Quand la fable se fissure pour laisser apparaître une histoire bien plus intime

The Eternal Life of Goldman s’ouvre comme un conte. Celui d’un vieil homme solitaire, armé d’une canne, lancé dans une quête aux contours volontairement flous, presque mythologiques. Les décors, les créatures et la manière dont le monde se déploie à l’écran évoquent une légende transmise de génération en génération, où chaque étape semble porteuse de symboles plus larges que la simple progression ludique.

Mais très rapidement, la démo introduit une rupture narrative inattendue. À certains moments clés, le jeu se fige, le ton change, et l’on quitte brutalement l’univers de Goldman pour entendre des échanges entre une mère et son enfant. L’histoire que l’on vit ne serait alors plus seulement celle de Goldman, mais un récit raconté, adapté, parfois modifié au fil du dialogue. L’enfant interroge la cohérence du conte, négocie des détails, remet en question certaines situations, tandis que la mère tente de préserver le fil du récit.

Cette mise en abyme donne au jeu une profondeur surprenante. Derrière la fable, la démo laisse entrevoir des thèmes lourds : la maladie, la peur de la mort, la culpabilité parentale, mais aussi le pouvoir du récit comme refuge ou comme échappatoire. Certains dialogues suggèrent une relation mère-enfant tendue, marquée par des reproches et une forme de souffrance mutuelle, sans jamais tomber dans l’explicite ou le pathos appuyé.

Ce choix narratif confère au jeu une double lecture particulièrement intéressante. Les plus jeunes pourront suivre l’aventure de Goldman comme un conte animé spectaculaire, tandis que les joueurs adultes percevront progressivement une histoire plus intime, plus fragile, qui dépasse largement le cadre du jeu de plateforme. La démo ne cherche pas à livrer des réponses, mais installe un mystère émotionnel fort, qui donne immédiatement envie d’en découvrir davantage.

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Nous entrerons dans la bande à Picsou (wouh-ou)

Derrière son apparente simplicité, The Eternal Life of Goldman s’articule entièrement autour d’un élément clé : la canne de Goldman, véritable pivot de l’expérience de jeu. Bien plus qu’une arme ou qu’un outil contextuel, elle structure l’intégralité du gameplay et conditionne la manière d’aborder chaque situation.

La plateforme se montre immédiatement précise, lisible et étonnamment souple. Les niveaux alternent entre des phases plus méthodiques, où l’on progresse prudemment au milieu d’ennemis et de pièges, et des séquences bien plus dynamiques, pensées pour être traversées d’un seul élan. En rebondissant sur les ennemis ou le sol à l’aide de la canne, il est possible de maintenir un véritable flow, presque chorégraphique, qui transforme certains tableaux en enchaînements continus de sauts et d’impacts.

La canne rappelle ouvertement des sensations héritées de DuckTales,. Mais The Eternal Life of Goldman ne se contente pas de recycler une mécanique nostalgique. La canne est modulable, composée de plusieurs segments interchangeables que l’on améliore au fil de la démo. Chaque configuration ouvre de nouvelles interactions : s’accrocher, se suspendre au-dessus du vide, atteindre des hauteurs jusque-là inaccessibles, activer certains ressorts spécifiques ou manipuler des éléments de décor.

Les énigmes environnementales, sans être complexes à ce stade, exploitent intelligemment cette polyvalence. Glisser une arme sur une plateforme, actionner un levier à distance, modifier la topographie d’une zone pour débloquer un passage : tout s’articule autour d’une logique simple, claire et progressive. Le jeu ne cherche jamais à piéger le joueur, mais à l’inviter à comprendre comment exploiter son outil principal de manière plus fine.

Le rythme de jeu est particulièrement bien maîtrisé. Chaque nouvelle mécanique est introduite via des panneaux explicatifs discrets et efficaces, laissant ensuite au joueur la liberté d’expérimenter. Jamais le jeu ne donne l’impression de surcharger ou de ralentir artificiellement l’action. L’équilibre entre plateforme, combat léger, petites énigmes et narration est constant, au point que l’on ne ressent aucune rupture dans l’expérience.

Plus intéressant encore, le gameplay fait subtilement écho aux thèmes du récit. La répétition des chutes, les rebonds, la persévérance nécessaire pour progresser, donnent au jeu une dimension presque métaphorique. Avancer, tomber, recommencer, s’adapter : The Eternal Life of Goldman utilise la plateforme comme un langage, au service d’une histoire qui parle autant de résilience que de transmission.

Plein les yeux et les oreilles

Sur capture d’écran, The Eternal Life of Goldman impressionne déjà. Mais c’est en mouvement que sa direction artistique prend toute son ampleur. Chaque élément du décor semble animé avec une attention quasi obsessionnelle au détail. On ne parle pas ici d’animations purement fonctionnelles, mais d’une véritable décomposition image par image, perceptible aussi bien sur les personnages que sur les éléments secondaires de l’environnement.

Les décors s’organisent en plusieurs strates distinctes, avec des arrière-plans riches, souvent animés, et des avant-plans qui viennent parfois masquer partiellement l’action. Feuillages, insectes, fumées, silhouettes ou objets en mouvement donnent au monde une impression constante de vie. Rien ne paraît figé ou simplement décoratif. Même les zones les plus calmes semblent traversées par un souffle permanent.

Le jeu joue également avec les échelles et les niveaux de lecture. Certaines scènes exploitent la profondeur et la mise en scène pour modifier la perception de l’espace, renforçant l’idée d’un monde vaste, presque théâtral. Les tableaux sont souvent larges, parfois vertigineux, et invitent autant à l’observation qu’à la progression. On se surprend régulièrement à ralentir volontairement le rythme, simplement pour regarder vivre l’écran.

Cette profusion visuelle s’accompagne d’un travail sonore particulièrement soigné. La musique, discrète mais omniprésente, accompagne l’action sans jamais l’écraser. Les compositions soutiennent les moments contemplatifs comme les phases plus tendues, tandis que les ambiances renforcent la sensation d’un monde organique et habité. Bruits de pas, sons environnementaux, réactions du décor : tout participe à ancrer le joueur dans l’espace, avec une cohérence remarquable.

Cette générosité audiovisuelle ne nuit jamais à la lisibilité. Malgré la densité d’animations et d’effets, l’action reste claire, les plateformes immédiatement identifiables, les ennemis lisibles dans leurs intentions. Le travail sur les contrastes, les couleurs et les silhouettes garantit un confort de jeu constant, y compris dans les séquences les plus chargées.

Enfin, la direction artistique et sonore s’inscrit pleinement dans la narration. Les environnements ne servent pas seulement de décors exotiques, ils racontent quelque chose. Chaque zone apparaît comme un fragment de conte, avec sa propre atmosphère, ses symboles, et parfois une tonalité plus sombre qu’il n’y paraît au premier regard. The Eternal Life of Goldman ne se contente pas d’être beau ou agréable à entendre : il utilise l’image et le son pour renforcer son propos.

Verdict provisoire

Difficile de ressortir de cette démo sans un enthousiasme franchement débordant. The Eternal Life of Goldman coche déjà toutes les cases que l’on attend d’un grand jeu indépendant : une direction artistique d’une richesse rare, un gameplay précis et expressif, et surtout une ambition narrative qui dépasse largement le simple cadre de la plateforme 2D.

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La démo impressionne par sa générosité, sa maîtrise du rythme et la cohérence de son ensemble. Rien ne semble laissé au hasard, qu’il s’agisse des mécaniques, de la mise en scène ou de la manière dont le jeu installe progressivement ses thèmes. Plus on avance, plus l’on sent que l’aventure cherche à raconter quelque chose de plus intime, sans jamais sacrifier le plaisir de jeu.

S’il fallait pointer une réserve, elle ne concerne pas le contenu, mais l’attente. Sans date de sortie annoncée, l’intervalle entre cette première claque et la version finale pourrait sembler long. Mais une chose est certaine : cette démo suffit largement à convaincre. The Eternal Life of Goldman n’est pas seulement prometteur, il s’impose déjà comme un titre à surveiller de très près, et clairement comme un jeu qui mérite sa place dans toutes les wishlists.

The Eternal Life of Goldman

The Eternal Life of Goldman

Dev Weappy Studio
Éditeur THQ Nordic
Plateforme Multi
Genre Plateforme
PEGI 3+

Dans ce jeu de plateformes époustouflant, explorez un vaste Archipel entièrement dessiné à la main, inspiré par d'anciennes fables et représenté avec un style d'animation classique image par im...