Une île, des déchets, et on s'y met
L'introduction plante le cadre sans s'embarrasser : une cinématique d'arrivée, un peu amusante, et on se retrouve catapulté sur une île qui ressemble à une décharge. Et quand on dit partout, c'est vraiment partout - déchets métalliques, plastiques, organiques, éparpillés sur chaque recoin de terrain. La première heure, c'est donc pince en main et poubelle à trimballer.
La boucle de gameplay est simple à saisir : ramasser, trier, revendre les déchets à la boutique amarrée au quai, racheter du matériel ou de l'énergie, recommencer. Au fil de la progression, l'inventaire s'étoffe - un détecteur de métaux, un aspirateur à déchets qui change vraiment le confort du jeu, un tamis, des poubelles supplémentaires qui encouragent à trier correctement. Chaque acquisition fait sentir une petite montée en puissance, même si fondamentalement, on reste dans les mêmes gestes.
La dimension écologique est plus présente qu'il n'y paraît. Le tri des déchets est valorisé concrètement : des poubelles séparées permettent de vendre plus cher. L'île se transforme visuellement à mesure qu'on nettoie, parcelle par parcelle, et c'est là que le jeu tient sa promesse. La transformation avant/après est réelle, lisible, satisfaisante.
La faune comme récompense, pas comme mécanique
Au fil de la progression, des animaux apparaissent. Le chien, premier rescapé, devient un compagnon régulier? on lui bande la patte, il fait sa vie sur l'île, rapporte parfois un lingot d'or ou un trésor enfoui. Une pieuvre coincée dans une bouteille, une otarie enserrée dans du plastique, un oiseau avec une boîte de conserve fichée sur le bec. Ces rencontres fonctionnent comme de petits moments de satisfaction, des pauses dans le nettoyage. D'autant plus que chaque animal secouru entraine un drop d'une amélioration pour notre île, de quoi nous motiver à aller voir si même les mouches n'auraient pas besoin de nos services!
Les interactions restent minces caresser le chien, déclencher un soin et aucun animal n'influence vraiment le gameplay au-delà d'une récompense ponctuelle. On aurait pu imaginer des mécaniques liées à leur présence, un système de confiance ou d'évolution. Il n'en est rien, et c'est une occasion manquée.
Ambiance réussie, dans les limites du genre
Techniquement : honorable, avec des réserves en nomade
Testé sur Steam Deck et Legion Go S, le jeu demande quelques ajustements pour tourner agréablement : 900p maximum, graphismes réduits. À ces réglages, le rendu reste acceptable, voire propre, avec Lossless Scaling en appui via Decky Loader si on veut pousser le framerate. Le jeu s'en sort mieux au clavier/souris, notamment pour les soins des animaux où les gestes de glisser-pointer sont plus naturels qu'au stick.
Rien de rédhibitoire, mais le moteur montre clairement qu'il n'est pas encore taillé pour le nomade sans compromis.
Une expérience de courtes sessions, honnête avec elle-même
Restore Your Island n'est pas un jeu qu'on dévore en ligne droite. Après deux heures, la lassitude commence à pointer. Ce n'est pas un défaut à proprement parler, c'est le contrat implicite du genre. Pour en profiter pleinement, il vaut mieux y revenir par petites sessions, quelques soirs par semaine, histoire de nettoyer un coin de plage sans pression. Comptez 6 à 10h selon votre facilité à digresser des tâches que vous vous êtes fixés!
Points Forts
➤ La transformation visuelle de l'île, satisfaisante et lisible
➤ L'ambiance sonore qui prend de l'épaisseur avec le Walkman
➤ Des moments météo soignés
➤ Un rythme sans pression, idéal en courtes sessions
➤ Quand enfin tu débloque l'aspirateur
Points Faibles
➤ Une boucle de gameplay qui n'évolue pas réellement
➤ La faune, touchante mais sous-exploitée mécaniquement
➤ Quelques concessions nécessaires en mode nomade
➤ Peu de surprises passé les premières heures
Verdict
Le jeu fonctionne lorsqu’il est abordé comme un moment de détente, une parenthèse sans pression où l’on prend plaisir à voir un environnement évoluer.
Mais cette approche atteint rapidement ses limites. Le manque de renouvellement dans le gameplay, combiné à une progression très linéaire, empêche le titre de s’installer sur la durée.
Un jeu agréable, souvent apaisant, mais qui pourra peiner à maintenir l’intérêt au-delà de ses premières heures pour un public plus généraliste.