Proposé dans le cadre du Steam Next Fest, Wild West Pioneers invite le joueur à se glisser dans la peau d’un fondateur de colonie, chargé de transformer une terre encore sauvage en véritable ville de pionniers. Développé par EmpireCraft Studios et édité par Toplitz Productions, le titre assume pleinement son héritage de city-builder classique, tout en s’appuyant sur une ambiance western rarement exploitée dans le genre.
La démo disponible sur Steam installe patiemment ses mécaniques et laisser le joueur apprivoiser un système de gestion qui mise avant tout sur la cohérence et l’anticipation.
Une démo généreuse, pensée comme un vrai terrain d’apprentissage
La démo permet de passer près de deux heures à développer une colonie sur une carte unique mais suffisamment vaste pour comprendre les enjeux d’implantation. On y pose les fondations d’un village en partant d’un hôtel de ville rudimentaire, ici représenté par une grande tente servant d’abri temporaire aux pionniers sans logement.
Très vite, le jeu nous guide vers la mise en place des premières chaînes de production, en commençant par le bois. Cabane de bûcheron, scierie, entrepôt : chaque bâtiment a des conditions de fonctionnement précises. Un détail important, car un édifice mal placé ou privé de travailleurs devient rapidement inutile. Jusqu’à cinq ouvriers peuvent être assignés par bâtiment, et leur gestion conditionne directement la croissance de la ville.
Le jeu insiste également sur la logique spatiale. Une cabane de bûcheron sans entrepôt à proximité ne produira rien. Une cantine trop éloignée d’un quartier résidentiel condamnera ses habitants à dépérir. Wild West Pioneers ne pardonne pas l’approximation, mais reste suffisamment lisible pour encourager l’apprentissage par l’erreur.
Eau, nourriture et lubies : faire survivre une ville avant de la faire prospérer
La carte est divisée en différentes strates, mettant en évidence les zones exploitables. L’accès à l’eau devient rapidement central. Proximité d’une rivière ou installation d’un puits au-dessus d’une nappe phréatique, chaque habitation doit impérativement être approvisionnée sous peine de disparaître.
Même logique pour la nourriture. Cantine, cuisine, camp de chasse : la démo permet déjà de mettre en place plusieurs bâtiments liés à l’alimentation, chacun ayant un rôle bien défini. La cuisine, par exemple, transforme les ressources animales en nourriture, tandis que la cantine assure la distribution aux habitants.
Pour faire évoluer les tentes en véritables maisons, il faut répondre aux lubies des colons. Ces petits désirs, classés par catégories, demandent l’installation d’éléments spécifiques à proximité des habitations. Un système simple sur le papier, mais qui pousse à penser l’urbanisme autrement que comme un simple empilement de bâtiments.
Exploration et éclaireurs : une ouverture vers le monde extérieur
La démo introduit aussi la gestion des éclaireurs, via un camp dédié. Ceux-ci peuvent être envoyés sur une carte du monde volontairement restreinte, mais suffisante pour comprendre le fonctionnement du système. Une première mission scénarisée, centrée sur la recherche de l’épouse d’un pionnier disparu en route, sert de fil conducteur.
Cette séquence permet de découvrir des points d’intérêt, de rapporter des ressources au village et d’ouvrir progressivement de nouvelles zones d’exploration. La démo va même jusqu’à autoriser la découverte d’un site de colonisation secondaire, moment précis où elle choisit de s’arrêter. Une coupure nette, mais logique, qui laisse entrevoir la suite sans en dévoiler trop.
Prise en main, rythme et ergonomie
Le rythme est volontairement posé, mais dépend largement du joueur. Wild West Pioneers n’est pas du genre à rappeler constamment ses erreurs. Oublier d’assigner des travailleurs peut bloquer toute une chaîne de production sans avertissement immédiat. Cette approche responsabilise, mais demande un minimum d’attention.
La gestion globale est claire, bien structurée, même si certains aspects ergonomiques demandent un temps d’adaptation. Le placement des bâtiments, notamment, manque parfois de précision. La rotation se fait par incréments successifs, rendant l’alignement parfait difficile. Même constat pour les routes, qui peuvent se superposer et créer une lecture parfois confuse. Rien de bloquant, mais un point perfectible.
Direction artistique et technique
Visuellement, le jeu adopte un style sobre et lisible, au service de la gestion. Pas d’esbroufe graphique, mais une ambiance western immédiatement reconnaissable, renforcée par une direction artistique cohérente.
Techniquement, la démo est solide. Sur PC et machines comme la Legion Go S, le jeu tourne sans accroc. Le Steam Deck demande un peu plus de concessions, mais reste parfaitement jouable. L’optimisation semble au rendez-vous, même si le véritable test viendra avec des villes plus vastes et densément peuplées.
Verdict provisoire
Wild West Pioneers réussit sa démo Steam Next Fest. Le jeu propose une boucle de gestion exigeante mais gratifiante, portée par une thématique forte et peu exploitée. La progression est naturelle, les systèmes sont cohérents, et l’envie de pousser plus loin l’expérience est bien réelle une fois la démo terminée.
Quelques ajustements ergonomiques seront nécessaires, mais le potentiel est là. Wild West Pioneers s’annonce comme un city-builder à suivre de très près, capable de séduire les amateurs de gestion autant que ceux en quête d’un univers marquant.