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Test - UFOPHILIA : tout pour intriguer, trop peu pour accrocher

UFOPHILIA vous met dans la peau d’un enquêteur obsédé par les OVNI, envoyé sur des lieux “à phénomènes” avec un objectif simple sur le papier : identifier l’entité, puis réussir à la photographier.

UFOPHILIA vend un fantasme pour tous les amateurs d'X-Files: enquêter sur des phénomènes extraterrestres, recouper des signes, identifier l’entité en présence, puis décrocher la preuve ultime : La photo d'un spécimen. Le jeu promet une structure en phases, neuf types d’aliens et plusieurs lieux d’investigation. L’accroche est forte. L’exécution, elle, bute sur un écueil majeur : une entrée en matière si mal cadrée qu’elle peut faire décrocher avant même d’avoir compris comment progresser.

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Univers et ambiance

UFOPHILIA adopte une esthétique de série B rétro : grain prononcé, contrastes appuyés, atmosphère de polar paranormal enregistré sur une bande fatiguée. Les environnements, maison isolée, lieux plus institutionnels, fonctionnent comme des scènes à interpréter. Une lampe qui s’éteint, une porte qui claque, un objet déplacé : le jeu préfère le malaise diffus au jumpscare facile.

L’attirail renforce cette ambiance bricolée : laptop, capteurs, instruments de mesure… On n’incarne pas un touriste du paranormal, mais un enquêteur équipé. Quand tout s’aligne, UFOPHILIA dégage ce parfum de “dossier OVNI” artisanal, étrange, parfois captivant.

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Gameplay : des phases, des indices… puis la photo

Le cœur de UFOPHILIA, c’est sa structure en phases : choisir une mission, identifier l’alien via des outils/manifestations, trouver la “spawn zone”, puis lancer la Phase 4, moment où l’alien devient visible et où la photo est censée tomber. Dit comme ça, c’est clair, et même plutôt malin : l’enquête prépare la confrontation. Dans ta session, le vrai mur arrive avant même que le jeu n’ait le temps de déplier ses cartes. Le tutoriel apprend à… prendre une photo, point. Ensuite, la première mission devient un piège à répétition : Phase 4 activée, la mort survient souvent rapidement, et tu recommences sans avoir acquis l’information qui te manquait pour “mieux jouer” la fois d’après. Résultat : plus de cinq heures à tourner sur le même contrat, une seule photo validée, car je voulais tester si j pouvais terminer une mission et récupérer les points récoltés jusque là sans avoir obtenu les 4 clichés de l'alien demandé, et une sensation persistante d’être laissé seul avec un concept pourtant lisible. 

Le jeu a un outil central : le logiciel/laptop, passage obligé pour consulter les outils, les phénomènes, et lancer la Phase 4. Sur le papier, c’est l’idée “pro” : tu observes, tu coches des manifestations, ça réduit la liste des suspects. Le souci, c’est que l’interface te donne des infos “documentaires”, pas une vraie pédagogie de la progression. Ce qui manque, c’est un apprentissage scénarisé, mission après mission, qui te montre les cas de figure importants : comment sécuriser une extraction, quand accepter de quitter avec un résultat imparfait, comment convertir une run “ratée en photo” en run “utile en progression”. Là, tu apprends en te cognant au mur, et tu peux passer à côté d’un truc essentiel : optimiser une mission sans forcément décrocher les quatre photos.

Progression : Roswell Points et niveaux, la fausse bonne idée

UFOPHILIA pousse une progression via des Roswell Points (liés aux objectifs remplis et à la collecte d’objets spécifiques), combinée à des niveaux requis pour déverrouiller la suite. Sur le papier, cela encourage à optimiser une mission : ne pas seulement viser la photo, mais aussi remplir des objectifs et récupérer ce qui est caché dans la zone. Dans la pratique, la logique de déblocage manque de lisibilité. Il est possible de cumuler quelques points, de penser être à deux doigts d’ouvrir le niveau suivant, puis de se heurter à une exigence supplémentaire (niveau requis) qui donne l’impression d’imposer la réussite “complète” sur la photo. Quand la Phase 4 est justement la partie la plus punitive, le jeu fabrique un goulot d’étranglement : le joueur comprend qu’il existe une progression… mais pas comment la rendre fiable.

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Conditions de photo : lisibles, mais souvent gratuites

Chaque type d’alien est associé à des conditions particulières pour faciliter la prise de photo (posture, gestion de la lumière, usage d’un appât, etc.). Les règles sont explicites. Le souci est ailleurs : elles paraissent rarement motivées par une logique “in-universe” convaincante, et donnent plutôt le sentiment d’ajouter une couche de contraintes sans enrichir la lecture de l’enquête.

Le cas emblématique : “être accroupi lampe éteinte” pour ne pas être repéré. L’intention se comprend, mais la sensation manette en main évoque plus un gimmick qu’une mécanique qui raconte quelque chose. À force, ces exigences ressemblent moins à une stratégie qu’à un checklist.

L’audio fait le job pour poser une atmosphère (bruits de portes, ambiance, présence diffuse), mais sans devenir un outil d’enquête à part entière. Il sert surtout à colorer l’expérience, pas à informer finement le joueur. Dans un jeu qui se veut “investigation”, c’est une occasion manquée : le son aurait pu jouer un rôle de signal, de direction, de menace graduelle.

Sur le plan technique, UFOPHILIA se défend bien. La version testée tourne de façon stable, avec une cible de 60 fps tenue sur une configuration type Ryzen 7 4000 / RTX 3050 mobile. Sur Steam Deck, le jeu reste fluide et jouable, avec les ajustements habituels côté performance.

La manette est plaisante, ce qui aide dans les déplacements et les allers-retours. Aucun bug bloquant n’a été relevé sur la période de test : le problème principal n’est pas la stabilité, mais la compréhension et le rythme.

UFOPHILIA promet 7 lieux d’enquête et 9 types d’aliens, chacun avec ses signes, ses réactions et ses “faiblesses”, ainsi qu’un ensemble d’outils dédiés à l’investigation (EMF, etc.). Sur le papier, le volume est là. Dans la réalité, le premier contact est si peu cadré que le contenu peut sembler hors de portée avant même d’avoir pu en profiter.

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Points forts

➤ Un concept d’enquête OVNI distinct des clones “chasse aux fantômes” classiques.

➤ Une ambiance visuelle série B assumée, avec des manifestations qui servent d’indices.
➤ Une base technique solide et un confort manette appréciable.

Points faibles

➤ Un tutoriel trop léger : le jeu apprend le geste, pas la progression.
➤ Une Phase 4 punitive, qui transforme l’apprentissage en mur.
➤ Une progression Roswell/niveaux mal expliquée,qui peut bloquer très tôt.
➤ Des conditions de photo parfois arbitraires, plus contraignantes que stimulantes.
➤ Une variété ressentie limitée sur une même zone, avec répétition rapide des triggers.

Verdict

UFOPHILIA a une accroche qui donne envie : une enquête méthodique, des indices à recouper, et une preuve finale à capturer. Le souci, c’est que le jeu démarre comme si tout le monde connaissait déjà ses codes. Les outils sont là, les règles existent, mais l’apprentissage manque de mise en scène, et la progression ne donne pas les bons repères pour avancer sans se cogner. En l’état, c’est un prototype d’idée forte plus qu’un jeu prêt à embarquer le joueur sur la longueur.

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UFOPHILIA

UFOPHILIA

Dev k148 Game Studio
Éditeur JanduSoft
Sortie Sorti le 29/01/2026
Plateforme PC-Windows
Genre Aventure
PEGI 16+

UFOPHILIA est un jeu d'horreur psychologique à la première personne où vous explorez des zones marquées par des phénomènes extraterrestres.Utilisez du matériel spécialisé pour détecter, iden...