Bannière gauche
Bannière droite

Test - MULLET MADJACK - Nintendo Switch

Deux ans après une sortie PC accueillie comme l'une des grandes surprises indé de 2024, Mullet MadJack débarque sur Nintendo Switch le 30 avril 2026.

Le jeu du studio brésilien Hammer95 n'avait pas fait de bruit en arrivant, il avait tout simplement explosé : "Overwhelmingly Positive" sur Steam, un Metascore de 88, plus de 800 000 téléchargements entre Steam et le Game Pass Xbox, et un "Best Brazilian Game" décroché au BIG Festival 2025. Le genre fast-FPS roguelite est encombré depuis quelques années, entre les héritiers de Doom et la vague boomer shooter qui n'en finit pas de recycler ses influences. Mullet MadJack a surtout proposé quelque chose d'immédiatement lisible, de visuellement saisissant, et d'une efficacité totalement brutale. La Switch accueille aujourd'hui ce concentré de dopamine pixelisée. Et il tourne.

Capture d’écran (6354).png

Bienvenue dans la matrice

On est en 2095. L'humanité a fusionné avec Internet au point que le corps humain ne survit plus sans un shoot de dopamine toutes les dix secondes. Les Robillionaires, des intelligences artificielles ultra-riches et corrompues, gouvernent le monde depuis le sommet de tours de verre, alimentés par la misère des autres et les flux d'attention d'une population incapable de décrocher de son écran. Jack Banhammer, lui, s'en fiche. C'est un "retrohuman", né en 2070 mais nostalgique des années 90 qu'il n'a jamais connues, mullet impeccable, clope au bec, mandaté par la Peace Corp pour escalader un gratte-ciel rempli de robots tueurs et libérer une Influenceuse retenue par un certain Mr. Bullet. En échange : une paire de chaussures.

La prémisse est absurde et pleinement assumée. Mullet MadJack  construit une atmosphère, un ton, une satire. Le Twitch chat qui commente les meurtres en temps réel, les Robillionaires présentés comme des PDG d'un capitalisme de fin du monde, l'addiction à la dopamine codée directement dans le gameplay : tout ça forme un commentaire social qui ne se prend jamais trop au sérieux, mais qui n'est pas vide non plus. Il y a une vraie cohérence entre ce que le jeu raconte et ce qu'il fait ressentir au joueur, sous pression permanente, accro aux kills, incapable de s'arrêter. La mise en scène anime des cutscenes, les portraits de personnages caricaturaux, les tirades des boss : l'écriture a de l'humour et quelques vraies saillies. La fin de campagne déçoit un peu par son nihilisme assumé mais cohérent, qui laissera certains sur leur faim.

Direction artistique

C'est là que Mullet MadJack frappe le plus fort et le plus durablement. Le studio a fait le choix de sprites 2D animés sur des environnements entièrement en 3D, une technique qui évoque autant les jeux Flash de l'ère Newgrounds que les OVAs violentes des années 80-90 (Wicked City, Ninja Scroll, les OVAs Black Jack). Les proportions sont volontairement exagérées, les couleurs tirent vers des néons électriques tranchant sur des fonds sombres, chaque exécution s'accompagne d'effets visuels qui n'ont rien de discret. Pourtant, l'ensemble reste lisible. Même dans les moments les plus chargés en effets, en ennemis et en chiffres qui s'affichent à l'écran, on sait exactement où on va et ce qui se passe. C'est un équilibre difficile à tenir - peu de jeux y arrivent aussi naturellement.

La bande-son synthwave de Fernando Pepe et Mateus Polati joue parfaitement le rôle qui lui est assigné : elle pulse, elle monte, elle colle à la frénésie des niveaux sans jamais couvrir les informations sonores importantes. Les exécutions ont leur propre grammaire sonore, satisfaisante et immédiate. Sur Switch en mode portable, la lisibilité est préservée, l'écran plus petit ne nuit pas à la clarté de l'action, ce qui est loin d'être garanti pour un jeu aussi dense visuellement.

Pour quelques secondes de plus...

La boucle de Mullet MadJack tient en une phrase : ta vie, c'est ton timer, et ce timer ne remonte qu'en tuant. Dix secondes au départ en mode Normal. Chaque ennemi éliminé en rajoute quelques-unes. Un headshot en rapporte plus. Un nutshot aussi. Une exécution avec un objet trouvé dans l'environnement, couteau planté dans une table, hache accrochée au mur, clé à molette traînant par terre, peut en rendre une quantité significative. Les sodas dans les distributeurs font office de solution de repli. Prendre un coup, en revanche, en retire. L'équation est simple, la tension permanente.

Ce qui distingue Mullet MadJack d'un Post Void ou d'un simple couloir shooté à la vitesse, c'est la richesse de l'arsenal et des interactions environnementales. Le dash-kick est au moins aussi important que les armes à feu : envoyer un robot dans un ventilateur, une fenêtre ou une porte rapporte du temps en bonus, et la fluidité avec laquelle on enchaîne les kicks et les tirs dans des espaces étroits finit par produire quelque chose qui ressemble à du jazz. Le revolver, le shotgun, le railgun, le plasma rifle, les katanas élémentaires (la lame de feu se lance comme un boomerang pour des kills à distance) - chaque arme a sa propre logique de cadence et de positionnement. L'arsenal monte jusqu'au niveau 3 via le système d'upgrades.

Entre chaque niveau, trois améliorations sont proposées au choix : renforcement d'une arme, buff sur Jack, modification de l'environnement (des barils explosifs qui apparaissent partout, par exemple). Ces choix s'accumulent sur toute la durée d'un run et orientent le style de jeu. Il faut néanmoins être honnête : certaines upgrades écrasent les autres en termes d'efficacité, et un joueur expérimenté va rapidement repérer les combinaisons dominantes. Le railgun poussé à son maximum fait passer la plupart des obstacles pour des formalités. 

La structure en dix chapitres, chacun composé de dix niveaux suivis d'un boss, fonctionne remarquablement bien. Chaque chapitre introduit une nouvelle variable environnementale : des flaques d'acide à traverser en dash dans le deuxième, des grilles électriques dans le troisième, du wall-run en extérieur plus loin, et deux chapitres finaux qui rompent totalement avec le schéma de la tour - dont un dernier acte en voiture qui surprend vraiment. Mourir renvoie au début du chapitre en cours, pas à zéro, un filet de sécurité qui évite la frustration sèche sans retirer la pression. Les boss n'ont pas de timer, ce qui offre une respiration bienvenue tout en variant le rythme. Certains demandent de chercher dans l'environnement les seuls objets capables de les blesser, ce qui est une bonne idée, même si leur niveau de difficulté globale reste modéré.

Prise en main nerveuse

Développé sous Unity, Mullet MadJack affiche une fluidité sans accroc, le portage Switch tient la route. La cible de 60 images par seconde est maintenue dans les situations de jeu standard, quelques chutes ponctuelles apparaissent dans les phases les plus chargées, sans jamais compromettre la jouabilité. En mode portable comme en mode docké, le rendu reste propre : le parti pris graphique très stylisé, avec ses sprites 2D et ses aplats de couleurs néon, se prête bien aux contraintes matérielles de la console. Aucune concession majeure à signaler sur le contenu, le mode Endless, le Boss Rush (avec le crossover ULTRAKILL), la difficulté réglable, les 50+ power-ups : tout est là.

La prise en main sur les Joy-Con ou Pro Controller est immédiate. Les commandes sont simples - dash, tir, interaction environnementale -, et le jeu n'impose aucune combinaison complexe. La sensibilité de visée est paramétrable, l'aim n'est pas assisté d'office mais les options sont suffisamment granulaires pour trouver son réglage. En jeu portable, l'écran de la Switch 1 suffit à lire l'action sans perte d'information. Le jeu, pensé dès le départ pour des sessions courtes et intenses, colle parfaitement à la logique d'usage de la console.

Que tu sois pro ou noob

Mullet MadJack a été conçu avec plusieurs niveaux d'entrée. Le mode Classic supprime intégralement le timer pour ceux qui veulent traverser la campagne sans pression temporelle. Le mode Easy démarre à 15 secondes. Les options graphiques permettent de couper les flashs à l'écran et les vibrations de caméra. Le sang peut être passé en violet. La sensibilité de visée, le volume des différentes pistes audio et le rebinding complet des touches sont disponibles. Pour un jeu aussi sensoriel, ces ajustements ne sont pas anecdotiques.

L'Endless Mode offre une profondeur supplémentaire pour les joueurs qui cherchent à repousser leurs limites - le timer diminue au fur et à mesure de la progression, les niveaux sont tirés aléatoirement, et les performances sont consignées dans des leaderboards. C'est là que le jeu se révèle le plus exigeant et le plus addictif à long terme.

Capture d’écran (6367).png

Points forts

➤ Boucle de gameplay immédiatement efficace, tension constante sans être écrasante
➤ Direction artistique cohérente et immédiatement identifiable, anime VHS 90s retranscrit avec soin
➤ Structure en chapitres bien rythmée, avec des variables environnementales nouvelles à chaque étage ➤ Bande-son synthwave qui accompagne sans écraser
➤ Portage Switch solide, adapté aussi bien au mode portable qu'au mode docké
➤ Contenu complet, modes multiples dont le Boss Rush ULTRAKILL
➤ Options d'accessibilité sérieuses pour un jeu de ce genre

Points faibles

➤ Variété d'ennemis limitée - le renouvellement vient des environnements, pas des comportements
➤ Certaines upgrades dominent clairement les autres, ce qui aplatit la profondeur de build sur le long terme
➤ Quelques segments de niveaux qui reviennent un peu trop souvent, surtout en début de run
➤ Fin de campagne au nihilisme un peu décevant au regard de l'énergie dépensée pour y arriver

Verdict

Mullet MadJack est FPS arcade à la tension permanente, habillé d'une esthétique anime des années 90 qu'il maîtrise de bout en bout, et construit autour d'une mécanique de survie dont la lisibilité est totale dès la première minute. Le portage Switch ne trahit rien de l'expérience originale et trouve même dans la logique portable de la console un terrain naturel : des sessions courtes, intenses, impossibles à lâcher. Deux ans après sa sortie PC, le jeu n'a pas vieilli d'une seconde.

badge_banger.png
MULLET MADJACK

MULLET MADJACK

Dev HAMMER95
Éditeur Epopeia Games, HAMMER95
Sortie Sorti le 30/04/2026
Plateforme Multi
Genre roguelike
PEGI 16+

MULLET MADJACK est un FPS solo frénétique qui vous propulse directement dans un ANIME AUTHENTIQUE. Renforcez votre personnage et atteignez le dernier étage ; Battez votre meilleur temps ou réessay...