Le joueur y incarne le maître des lieux d’une maison hantée, chargé d’utiliser fantômes, possessions et phénomènes paranormaux pour faire craquer des intrus humains. Chaque mission consiste à exploiter l’environnement, placer ses entités au bon moment et enchaîner les effets pour provoquer panique, fuite ou effondrement mental. Un jeu d’horreur vu de l’autre côté du miroir, qui mise avant tout sur l’organisation et l’anticipation plutôt que sur le réflexe ou le jump scare.
Un univers victorien hanté et malicieux
Ghost Keeper prend place dans une Angleterre victorienne du XIXᵉ siècle, baignée d’une atmosphère sombre où l’horreur flirte régulièrement avec l’humour macabre. Le joueur n’y incarne pas un héros, mais le Gardien des Fantômes, une entité chargée de commander spectres, démons et autres créatures pour défendre des lieux hantés menacés par l’intrusion humaine.
La campagne s’organise autour d’une série de missions situées dans des environnements typiquement victoriens, entre manoirs décatis, institutions inquiétantes et rues noyées dans la brume. À chaque intervention, il s’agit d’exploiter les capacités de ses créatures pour manipuler les mortels, provoquer la panique ou les neutraliser, tout en contrant les actions de la Confrérie des chasseurs de fantômes, une organisation déterminée à éradiquer toute présence surnaturelle.
Le jeu ne cherche pas à raconter une histoire linéaire. La progression se fait par paliers, à mesure que le Gardien gagne en influence, débloque de nouveaux fantômes et affronte des humains de mieux en mieux préparés. Le récit se dessine ainsi en creux, porté par les situations, le contexte et l’escalade des affrontements plutôt que par une narration classique.
Quand la maison hantée devient un terrain de jeu tactique
Le cœur de Ghost Keeper repose sur une gestion en temps réel de phénomènes surnaturels à l’intérieur de lieux clos. Chaque niveau place le joueur aux commandes d’une maison hantée dans laquelle des humains pénètrent avec des objectifs précis. À charge pour lui d’exploiter l’espace, les capacités de ses entités et le timing des événements pour faire monter la peur jusqu’au point de rupture.
La boucle de jeu s’articule autour de plusieurs ressources à surveiller. L’énergie spectrale conditionne l’activation des pouvoirs, tandis que la peur des humains sert à la fois d’indicateur de progression et de levier stratégique. Effrayer trop tôt peut provoquer une fuite prématurée, mais temporiser permet d’enchaîner les effets, d’isoler une cible ou de provoquer des réactions en cascade. Le jeu pousse ainsi à observer les déplacements, anticiper les comportements et composer avec les imprévus.
Les fantômes disponibles possèdent chacun des compétences spécifiques, orientées vers la manipulation, l’agression ou le contrôle de l’espace. Certains privilégient les apparitions brutales, d’autres agissent de manière plus insidieuse, en influençant l’environnement ou en perturbant la perception des humains. Le placement et l’ordre d’activation deviennent rapidement essentiels, d’autant que les niveaux encouragent l’expérimentation plutôt que la répétition mécanique.
La progression débloque de nouvelles entités, des variantes de situations et des objectifs plus exigeants. Sans jamais verser dans la micro-gestion excessive, Ghost Keeper demande une lecture attentive du terrain et une adaptation constante, chaque erreur pouvant désamorcer une stratégie pourtant bien lancée. Le gameplay trouve ainsi son équilibre entre puzzle tactique et gestion de chaos contrôlé, loin d’un simple simulateur de maison hantée.
Ambiance et direction artistique
Ghost Keeper s’appuie sur une représentation stylisée de l’Angleterre victorienne, immédiatement identifiable par ses architectures massives, ses intérieurs chargés et ses rues plongées dans une brume presque permanente. Les lieux hantés privilégient une lecture claire de l’espace, tout en accumulant les détails visuels qui renforcent le sentiment d’enfermement et de malaise. Le jeu ne cherche pas le réalisme, mais une cohérence visuelle qui sert la lisibilité et la mise en scène des actions.
La direction artistique adopte un ton volontairement décalé. Les créatures surnaturelles affichent des designs expressifs, parfois grotesques, qui atténuent l’horreur pure au profit d’un humour macabre assumé. Ce choix permet au jeu de conserver une identité marquée sans basculer dans le pastiche, l’équilibre reposant sur une palette sombre relevée par des effets visuels plus marqués lors des manifestations paranormales.
L’ambiance sonore accompagne efficacement cette approche. Les bruissements, chuchotements et effets spectraux participent à la tension, tandis que les réactions des humains donnent un retour immédiat sur l’efficacité des actions menées. Sans chercher à écraser le joueur sous une bande-son omniprésente, Ghost Keeper utilise le son comme un outil de feedback, renforçant à la fois l’immersion et la compréhension des situations.
Solide sur ses appuis, encore brut sur les bords
Dans son état actuel en accès anticipé, Ghost Keeper repose sur une base technique globalement solide, sans pour autant masquer son statut de jeu encore en construction. Les performances se montrent stables sur PC, avec des temps de chargement courts et une lisibilité correcte, même lorsque plusieurs entités et effets paranormaux sont actifs simultanément à l’écran.
Quelques imperfections subsistent toutefois. L’IA humaine peut parfois adopter des comportements erratiques, certaines réactions semblant se déclencher avec un léger retard ou, au contraire, de manière trop abrupte. De rares soucis de collision ou d’activation de compétences viennent aussi rappeler que l’équilibrage et le polissage ne sont pas encore finalisés. Rien de bloquant, mais suffisamment présent pour être relevé dans le cadre d’un test.
L’interface reste fonctionnelle et compréhensible, même si certains retours visuels gagneraient à être renforcés pour mieux signaler l’état des ressources ou les priorités à l’écran. Le studio semble néanmoins attentif aux ajustements, et la structure du jeu laisse entrevoir une marge de progression confortable sur le plan technique, à condition que le suivi de l’accès anticipé reste régulier et ciblé.
Nouveau titre
Dans sa version actuelle, Ghost Keeper propose un socle de contenu déjà conséquent pour un accès anticipé, pensé pour introduire progressivement ses mécaniques sans saturer le joueur. La campagne s’articule autour d’une série de missions scénarisées, chacune associée à un lieu précis et à des objectifs clairs, servant autant de terrain de jeu que de tutoriel déguisé.
Le joueur dispose de plusieurs entités surnaturelles à débloquer au fil de la progression, chacune apportant de nouvelles possibilités de manipulation ou de contrôle. Cette montée en puissance s’accompagne d’une diversification des situations, avec des humains de plus en plus résistants à la peur et des interventions plus agressives de la Confrérie des chasseurs de fantômes, qui oblige à revoir ses habitudes.
➤ Plusieurs lieux victoriens jouables, aux configurations variées
➤ Une galerie de fantômes et créatures aux capacités distinctes
➤ Une campagne structurée en missions successives
➤ Un mode plus libre débloquable, orienté expérimentation
➤ Une difficulté progressive liée au comportement des humains
Si tout le contenu n’est pas encore en place, l’ensemble forme une base cohérente, suffisamment riche pour comprendre les intentions du jeu et en explorer les systèmes. La rejouabilité repose surtout sur l’expérimentation des combinaisons de pouvoirs et l’optimisation des stratégies, en attendant l’ajout de nouveaux lieux, entités et variations annoncées pour la suite de l’accès anticipé.
Points forts
➤ Concept original qui inverse le rôle habituel du joueur dans un jeu d’horreur
➤ Gameplay stratégique lisible, basé sur l’anticipation et le timing
➤ Identité visuelle marquée, entre gothique victorien et humour macabre
➤ Variété des créatures et des capacités, encourageant l’expérimentation
➤ Base de contenu déjà cohérente pour un accès anticipé
Points faibles
➤ Équilibrage encore perfectible selon les missions et les entités utilisées
➤ Comportements de l’IA parfois irréguliers
➤ Mise en scène narrative volontairement discrète, qui pourra laisser certains joueurs à distance
➤ Manque ponctuel de retours visuels pour certaines actions ou ressources
Verdict
Avec son accès anticipé, Ghost Keeper pose des bases suffisamment solides pour dépasser le simple concept accrocheur. Le jeu trouve sa singularité dans une approche stratégique de l’horreur, où l’observation, le placement et le timing priment sur l’action immédiate. La diversité des situations et des créatures permet déjà de renouveler les parties, même si l’équilibrage et le polissage demandent encore du travail.
En l’état, l’expérience s’adresse avant tout aux joueurs curieux de propositions atypiques, prêts à composer avec les limites inhérentes à l’early access. Si le suivi tient ses promesses et que le contenu s’étoffe dans le bon sens, Ghost Keeper a clairement le potentiel pour s’imposer comme une référence originale dans le paysage du jeu de stratégie à thématique horrifique.