Un jeu de 1990 dans son jus!
Il faut poser les choses d’emblée : City Hunter sur Switch est avant tout le jeu PC-Engine de 1990, remis à disposition dans des conditions plus confortables. Sa structure, son rythme et ses choix de design n’ont pas été repensés. On incarne Ryo Saeba, détective privé de Shinjuku, embarqué dans une histoire annexe inspirée de la première saison de l’anime, avec Kaori en partenaire plus ou moins résignée.
L’aventure se découpe en quatre missions, chacune construite autour du même principe : explorer des bâtiments labyrinthiques, ouvrir des portes, récupérer clés et cartes d’accès, parler aux bons PNJ, puis affronter un boss. Une boucle répétitive, très lisible, qui ne cherche jamais à surprendre.
Un gameplay rigide, hérité de son époque
Manette en main, City Hunter affiche un gameplay d’action 2D sec et minimaliste. Les tirs se font uniquement à gauche ou à droite, les déplacements sont rigides, et certaines mécaniques accusent lourdement leur âge. Le personnage se retourne automatiquement après avoir encaissé un coup, ce qui nuit à la lisibilité des affrontements, tandis que les hitboxes restent parfois approximatives.
La difficulté repose avant tout sur la mémorisation des lieux et des enchaînements de salles, bien plus que sur une progression maîtrisée des enjeux. Une fois les niveaux assimilés, l’aventure peut être bouclée assez rapidement, mais cette efficacité ne s’obtient qu’au prix d’un apprentissage préalable, peu gratifiant lors des premières heures.
Trois modes pour trois lectures du même jeu
Cette version Switch propose toutefois plusieurs façons d’aborder l’expérience.
➤ Mode Original : reproduction fidèle du jeu PC-Engine, sans retouches. Ralentissements, bugs et rigidités sont conservés.
➤ Mode Enhanced : même progression et même structure, mais avec des correctifs techniques bienvenus. Les contrôles gagnent en réactivité, les animations sont plus stables et certains problèmes historiques disparaissent.
➤ Mode Hard : ajout notable de cette édition, avec des ennemis plus agressifs, des boss retravaillés, des ajustements de placement et une séquence de gameplay inédite en fin de parcours.
À cela s’ajoutent les save states et le rewind, devenus indispensables pour rendre le jeu praticable aujourd’hui sans tomber dans une frustration excessive.
Une licence respectée par touches ciblées
C’est dans ses clins d’œil à la série que City Hunter trouve encore un certain charme. Certaines salles, où des femmes dénudées permettent de récupérer de la vie en renvoyant Ryo à ses travers, rappellent l’humour grivois du manga et de l’anime. Ces moments restent rares, mais ils font mouche.
La localisation française mérite aussi d’être saluée. Le jeu propose une double adaptation, City Hunter ou Nicky Larson, et en choisissant le français, la musique du jeu adopte le générique du dessin animé chanté par Jean-Paul Césari, un détail qui parlera immédiatement au public francophone.
La section bonus accompagne bien cette ressortie : jaquette PC-Engine manipulable en 3D, manuel d’époque, artworks, galerie et lecteur musical sont de la partie. Visuellement, le pixel art reste propre mais figé, avec peu d’évolution d’un niveau à l’autre. Rien de choquant pour un jeu de 1990, mais rien non plus qui surprenne.
Points forts
➤ Respect total du jeu PC-Engine de 1990, avec une structure et un contenu préservés
➤ Trois modes de jeu distincts, dont un mode Hard réellement retravaillé
➤ Options de confort modernes (save states, rewind) bien intégrées
➤ Double localisation française City Hunter / Nicky Larson
➤ Générique français chanté par Jean-Paul Césari inclus côté musique
➤ Section bonus soignée (galerie, musiques, jaquette et manuel d’époque)
Points faibles
➤ Gameplay rigide et répétitif, très dépendant de la mémorisation
➤ Level design labyrinthique peu inspiré et peu renouvelé
➤ Sensations de jeu datées, même en mode Enhanced
➤ Intérêt principalement réservé aux fans de la licence et du rétro
Verdict
City Hunter sur Switch ne cherche jamais à masquer ce qu’il est : un jeu ancien, conservé dans son jus, simplement entouré de garde-fous modernes. L’expérience a une valeur patrimoniale évidente et quelques attentions bien senties pour les fans de Nicky Larson. En revanche, son gameplay répétitif, son level design rigide et sa durée de vie limitée peuvent peiner à convaincre au-delà de ce cercle.
Un retour intéressant pour comprendre l’histoire de la licence.