Contexte et état du jeu
Sorti en accès anticipé le 9 avril 2025 sur Steam, Gedonia 2 annonce une période de développement de 18 à 24 mois, avec la promesse de compléter toutes les zones, conclure la trame principale et finaliser l’ensemble des arbres de compétences.
Dans les faits, le jeu a déjà bougé : la mise à jour 0.4 (janvier 2026) ajoute une nouvelle zone haut niveau, un arbre d’élevage/montures, des épées à deux mains et une refonte de l’introduction.
Univers et ambiance
Progression libre et builds “sans classe”
Gedonia 2 se définit avant tout par son approche résolument orientée “build”. Le jeu repose sur l’assemblage libre de compétences actives, de passifs et de statistiques, jusqu’à faire émerger un style de jeu qui n’appartient qu’au joueur. Archer dopé aux éléments, combattant mêlant acier et magie, alchimiste porté sur l’esquive… le système accepte tout, tant que l’on en assume les choix.
Cette liberté nourrit une progression particulièrement gratifiante. Le personnage évolue de manière perceptible, non pas par paliers arbitraires, mais par compréhension progressive des synergies. On commence fragile, presque quelconque, puis chaque décision affine l’identité du build, modifie les sensations en combat et renforce ce sentiment de construction personnelle, loin des archétypes préfabriqués.
Autour de cette base solide, Gedonia 2 greffe toute une série de systèmes complémentaires qui renforcent sa dimension bac à sable. Crafting d’équipement, fabrication de potions, cuisine, récolte de ressources et housing composent un ensemble cohérent, pensé comme un prolongement naturel de la progression plutôt qu’un empilement de mécaniques annexes. La base sert à stocker, préparer et souffler, sans jamais détourner le jeu de son cœur : l’aventure et l’expérimentation.
Exploration et quêtes : le “fait main” avant le remplissage
Gedonia 2 privilégie clairement la quête façonnée à la main plutôt que le remplissage automatique. Les missions reposent sur des dialogues, des choix et, selon les compétences ou les attributs du personnage, des issues différentes. Certaines histoires de PNJ marquent davantage que la trame principale elle-même, encore en construction, et donnent au monde une épaisseur qui dépasse le simple enchaînement d’objectifs.
L’exploration suit la même logique. Le relief invite à s’écarter du chemin, les ruines et donjons cachés récompensent la curiosité, et le jeu parsème son monde de mini-boss et de trésors disséminés avec intelligence. Gedonia 2 ne déploie pas un monde ouvert par obligation : il propose un espace pensé pour être fouillé, observé, exploité, où le détour a presque toujours du sens.
Reste que l’accès anticipé se ressent encore. Certaines zones manquent de densité, la population n’est pas toujours à la hauteur de l’espace proposé, et quelques quêtes souffrent de déclenchements imprécis. Des accrocs visibles, mais qui n’entament pas l’intention globale : celle d’un monde conçu pour l’aventure, pas pour la checklist.
Gedonia 2 repose sur un combat en temps réel qui privilégie la gestion des compétences, du positionnement et du rythme plutôt que la pure exécution. On bloque, on esquive, on temporise, on déclenche ses capacités au bon moment, et l’ensemble prend réellement sens dès lors que le build est assumé. Le corps-à-corps gagne en impact par rapport au premier épisode, et certaines combinaisons deviennent franchement efficaces une fois les synergies en place.
Mais le jeu n’échappe pas à une sensation de rigidité encore bien présente. Les animations manquent parfois de fluidité, les déplacements ont un côté lourd, presque anguleux, et la lecture des impacts reste perfectible. L’interface, notamment l’inventaire, alourdit parfois l’action au lieu de l’accompagner. Ce manque de finition se ressent d’autant plus dans l’exploration et le traversal, pourtant centraux dans un monde ouvert pensé pour le mouvement et le détour.
La coopération jusqu’à quatre joueurs s’inscrit directement dans cette logique. Gedonia 2 se vit intégralement en solo comme en multi, avec une difficulté qui s’adapte et une vraie sensation de campagne partagée. Explorer, combattre et improviser à plusieurs renforce clairement le plaisir de jeu, malgré une ergonomie encore brute. La progression du monde reste largement liée à la partie de l’hôte, tandis que l’évolution des personnages est conservée, ce qui impose une organisation minimale mais n’entrave pas l’expérience. La coop n’est pas encore parfaitement huilée, mais elle amplifie ce que Gedonia 2 fait déjà bien : l’aventure libre, le bricolage de builds et le goût du terrain.
Verdict provisoire
Gedonia 2 ne cherche pas à masquer son statut d’accès anticipé. La rigidité de certains déplacements, une interface encore lourde et des finitions inégales en combat comme en coopération rappellent régulièrement que le jeu est en construction. Mais ces aspérités n’empêchent pas l’essentiel de fonctionner — et même de séduire.
Car derrière sa technique encore brute, Gedonia 2 possède déjà ce que beaucoup de RPG peinent à offrir : une vraie sensation de liberté, une progression gratifiante et un monde qui donne envie de s’éparpiller, d’expérimenter, de tenter des choses “juste pour voir”. La montée en puissance du personnage est lisible, engageante, et portée par un système de builds suffisamment souple pour encourager l’audace plutôt que l’optimisation froide.
Les ajouts récents, notamment le contenu haut niveau et les montures, confirment une direction claire et cohérente. Gedonia 2 avance, consolide ses bases et affine son identité. En l’état, c’est déjà un terrain de jeu généreux pour qui accepte ses imperfections, et une aventure d’autant plus convaincante lorsqu’elle se partage à plusieurs. Pour un RPG qui mise tout sur la liberté de construction et l’exploration, le contrat est rempli.