Dans un paysage vidéoludique saturé de suites, de remakes et de blockbusters calibrés, certains projets émergent comme de véritables curiosités. Blippo+ fait partie de cette catégorie rare, celle des jeux qui ne cherchent pas à s’inscrire dans une logique de marché mais à proposer une expérience singulière, à la croisée de l’art contemporain et du média interactif. Développé par un collectif atypique (YACHT, Telefantasy Studios, Noble Robot, Dustin Mierau) et édité par Panic, le titre est d’abord passé par la petite console Playdate avant d’arriver sur PC et Nintendo Switch. Un parcours qui en dit déjà long : on n’est pas face à un “produit” traditionnel, mais face à un objet artistique qui joue avec les codes.
Dès les premières minutes, le ton est donné : on ne va pas “jouer” à Blippo+, on va le “vivre”. Plus proche d’une installation artistique que d’un jeu de course ou d’un RPG, le titre prend la forme d’un simulateur de télévision cathodique alien. On y zappe de chaîne en chaîne, on tombe sur des séquences absurdes filmées avec de vrais acteurs, on lit des messages cryptiques sur un télétexte rétro, et on attend de voir ce qui va surgir du flux. C’est à la fois déroutant, kitsch et fascinant.