Test - LIFTED - Une déclaration d'amour au cinéma d'aventure qui assume ses limites de gameplay

LIFTED propose un voyage temporel rempli de charme où le spectacle et la narration prennent le dessus sur la profondeur du gameplay.

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Il suffit parfois d’un vieux carnet, d’un professeur un peu trop enthousiaste et d’une machine étrange pour déclencher une aventure qui dépasse largement les murs d’un laboratoire. Avec LIFTED, Adventure Works réussit un beau pari : un hommage assumé aux grandes histoires d’exploration se racontant avec un mélange de curiosité, d’humour et de magie.
Ari n’avait probablement rien prévu lorsqu’il a croisé la route de son professeur de physique. Le voilà embarqué dans une chasse au trésor où chaque nouvelle destination ressemble à une scène sortie d’un film d’aventure des années 80. Après environ 4 à 6 heures pour boucler l’histoire principale (un peu plus si vous chassez les collectibles), LIFTED laisse l’impression d’avoir traversé un beau film d’animation interactif, où les phases de gameplay servent de liant entre deux séquences narratives.
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Une machine à remonter les bonnes histoires

Le duo formé par Ari et le professeur Raventhorpe porte l’essentiel du récit. D’un côté, un lycéen un peu blasé ; de l’autre, un savant tête en l’air prêt à tout pour réécrire l’histoire avec la professeure dont il est tombé amoureux. Julius, le chinchilla énigmatique, vole régulièrement la vedette.
Côté son et narration, c’est une vraie réussite. Le doublage VO est excellent : Joe Gaudet (Ari) apporte juste ce qu’il faut de nonchalance adolescente, Ray O’Hare (le Professeur) est hilarant en savant fou passionné, et Evan Widjaja donne vie à Julius avec un timing comique parfait. La chimie entre les trois fonctionne à merveille et porte l’humour léger et attachant du jeu. L’écriture, pleine de cœur et de clins d’œil aux blockbusters 80’s, délivre une histoire simple mais émouvante, avec une fin qui conclut joliment l’arc des personnages.
La bande-son orchestrale est l’un des gros points forts. Variée et dynamique, elle change régulièrement selon les époques et les situations : grandiloquente pendant les poursuites, plus mystérieuse dans les temples, entraînante sur les phases de plateforme. Elle accompagne parfaitement le voyage et renforce cette sensation de « jouer un film ».
Chaque époque traversée apporte son décor et ses péripéties : pirates, chasseurs de trésors rivaux et catastrophes naturelles. La mise en scène emprunte largement au cinéma d’aventure (Indiana Jones pour l’énergie, Retour vers le futur pour le duo improbable).

Back To The "Déja-Vu"

Le jeu enchaîne les niveaux en renouvelant constamment les situations. Une glissade sur une scène enneigée, un parcours en chariot au fond d’une mine, des poursuites… On ne reste jamais assez longtemps sur un même type de séquence pour s’en lasser. En revanche, il faut être honnête : certaines énigmes se limitent à déplacer des miroirs ou à activer des mécanismes plutôt basiques.Ari saute, s’accroche aux corniches et utilise un grappin pour franchir les obstacles. 
Le feeling est correct, le volume des environnements impressionnant, mais le mouvement de caméra a parfois du mal à suivre dans les séquences les plus intenses. Les développeurs ont visiblement préféré soigner cette ampleur et ces couleurs linéaires et enchanteresses plutôt que la difficulté pure du level design.
Des collectibles sont bien cachés et invitent à la re-exploration. Personnellement, je n’ai pas eu une folle envie de relancer les niveaux une fois le générique passé. C’est un jeu que l’on finit une fois, comme un bon film au cinéma, et que l’on se refait avec plaisir quelques mois plus tard. Un gamin, lui, aura sûrement envie de tout refaire plusieurs fois.

La technique au service du voyage

L'identité visuelle change à chaque époque traversée, et les transitions entre les niveaux profitent d'une réalisation soignée qui appuie l'ambition cinématographique du titre. La musique orchestrale accompagne efficacement les changements de rythme entre exploration et action, toujours dans cette veine grand spectacle façon cinéma d'aventure.

Sur Steam Deck, un réglage en 720p avec des graphismes moyens offre le meilleur compromis entre stabilité et confort visuel. Sur Legion Go, LIFTED encaisse sans broncher un réglage plus généreux en 1080p avec de bons graphismes. Sur PC de salon ou portable, le jeu se comporte sans aucun problème et n'est pas particulièrement gourmand : mieux vaut tout de même vérifier la configuration minimale avant l'achat. Aucune baisse de framerate n'est venue perturber les sessions de test, sur aucune des deux machines.

Le système de checkpoints mérite d'être souligné : à la mort, le jeu ramène directement au dernier passage raté plutôt que de faire recommencer un pan entier de niveau. LIFTED comporte bien quelques séquences un peu plus corsées, mais un peu de répétition suffit à en venir à bout sans frustration durable.

Les sous-titres sont disponibles dans une douzaine de langues, dont le français, et la manette est pleinement prise en charge, aussi bien sur PC que sur Steam Deck. Les zones interactives restent bien identifiables tout au long de l'aventure grâce à une direction artistique qui les met en valeur sans excès.

Conclusion

Verdict

6.8/10Note finale

Points forts

  • Une mise en scène cinématographique très maîtrisée, digne d'un film d'animation
  • Un duo de personnages attachant, porté par une écriture solide
  • Une vraie variété de situations de jeu, bien exécutées même si peu originales
  • Des performances irréprochables sur Steam Deck comme sur Legion Go

Points faibles

  • Des séquences de gameplay qui donnent régulièrement une impression de déjà-vu
  • L'illusion de profondeur des décors ne se traduit jamais en réelle liberté de mouvement
  • Une aventure courte pour les joueurs en quête de contenu à rallonge

Adventure Works signe avec LIFTED une déclaration d'amour au cinéma d'aventure familial des années 80, revendiquée jusque dans ses références à Indiana Jones et Retour vers le futur. Le studio place l'histoire au-dessus de tout, y compris des mécaniques de jeu, qui restent volontairement sages et parfois trop familières. Mais réduire LIFTED à ce reproche serait injuste : ses qualités de mise en scène, son rythme et son duo de personnages pèsent au moins autant que ses limites. Les joueurs venus chercher un plateformer technique et exigeant risquent de rester sur leur faim. Les autres vivront LIFTED comme on irait voir un bon film au cinéma, et en ressortiront avec le sourire.

XPunique