TEST - Creepshow : Halloween en été?
Creepshow transpose enfin son mélange d’horreur, de bande dessinée et d’humour noir dans un point & click narratif.
Introduction
Le nom Creepshow évoque immédiatement le film réalisé par George Romero en 1982 et, plus récemment, la série anthologique diffusée sur Shudder. En 2026, la franchise fait ses premiers pas dans le jeu vidéo avec une adaptation développée par PHL Collective et publiée par DreadXP, en collaboration avec AMC et Cartel Entertainment.
Le jeu reprend la formule de l'anthologie en mélangeant plusieurs récits horrifiques, un fil conducteur et une bonne dose d'humour noir. Une approche qui cherche davantage à reproduire l'ambiance de Creepshow qu'à transformer la licence en véritable jeu d'aventure.
Univers et direction artistique
L'adaptation ne se contente pas d'emprunter le nom, elle reprend les gimmicks qui font l'identité de la série. Chaque histoire s'ouvre sur une planche de bande dessinée, La Goule ponctue régulièrement l'action de remarques bien senties, exactement comme dans le show, et l'ambiance générale distille cette sensation de malaise propre à certains épisodes marquants de la franchise. La réalisation soigne particulièrement ses angles de caméra, avec de vraies bonnes idées de mise en scène qui appuient les moments les plus tendus. La musique n'est pas en reste, avec des séquences où elle vient renforcer les visuels de façon assez frontale, au point de marquer durablement certains passages.
Le trait comic-book assumé fonctionne bien avec le ton de l'ensemble, entre humour noir et images parfois franchement crues. Le jeu s'adresse clairement à un public averti, avec un classement 18+ largement mérité au vu de certaines scènes.
Narration
Le jeu suit une structure anthologique en trois volets. Un fil conducteur met en scène Danny, un adolescent qui explore un centre commercial abandonné où son père a disparu des années plus tôt, avant de tomber sur The Reader, une entité mystérieuse prisonnière d'une machine de voyante qui exige des histoires en échange de son aide. Deux récits autonomes, présentés sous forme de comics au fil de l'exploration, viennent nourrir cette trame principale.
Le twist final apporte une conclusion satisfaisante à l'ensemble, une vraie réussite pour ce genre d'exercice anthologique où la chute compte souvent autant que le voyage.
Gameplay
Creepshow revendique l'étiquette point & click, mais le terme reste avant tout formel. Les développeurs ont clairement fait le choix de tout miser sur l'ambiance et la narration plutôt que sur la résolution d'énigmes : les interactions restent simples, orientées exploration et collecte d'indices plutôt que casse-tête retors. Le jeu assume pleinement sa nature de titre narratif avant tout, où le plaisir vient de la mise en scène et de l'écriture plus que du défi ludique.
Technique
Testé sur Legion Go S en 900p, avec le plugin Decky Loader et Lossless Scaling activés, le jeu tourne proprement et reste la plupart du temps au-dessus des 45 fps, un confort largement suffisant pour ce type d'expérience où le rythme prime sur la réactivité. Quelques accrocs viennent ternir le tableau, notamment des soucis de détection de contact ponctuels : certaines interactions, comme fouiller une poubelle, ont nécessité de passer par l'écran tactile faute de réponse au pointeur classique. Rien de bloquant, mais le genre de détail qui rappelle que le titre n'est pas exempt de petites imperfections.
Conclusion
Verdict
Points forts
- Une ambiance fidèle à l'esprit de la série, gimmicks compris
- De bonnes idées de mise en scène et d'angles de caméra
- Une bande-son qui accompagne fort les moments clés
- Un twist final qui conclut bien l'ensemble
- Une expérience fluide, y compris sur handheld
Points faibles
- Une durée de vie un peu en retrait
- Une rejouabilité limitée
- Quelques bugs de détection ponctuels
- Un gameplay qui reste très accessoire
Creepshow tient sa promesse d'immersion dans l'univers de la série, avec une direction artistique et une ambiance sonore qui parviennent à recréer cette sensation de malaise propre aux meilleurs épisodes du show. L'aspect point & click reste avant tout un habillage : c'est bien la narration et la mise en scène qui portent l'expérience, jusqu'à un twist final réussi. La durée de vie limitée et une rejouabilité en retrait empêchent le titre de viser plus haut, mais l'ensemble reste une bonne expérience pour qui apprécie la licence et ses ambiances glauques et grinçantes.

A propos du studio
Creepshow est développé par PHL Collective, un studio jusque-là plutôt habitué aux licences jeunesse, et publié par DreadXP, éditeur indépendant spécialisé dans l'horreur. Le projet s'inscrit dans une collaboration avec AMC et Cartel Entertainment, la société de production à l'origine de la série télévisée diffusée sur Shudder, elle-même héritière du film de George Romero sorti en 1982 et des comics EC Comics qui l'ont inspiré.