Test - Dead as Disco : quand le beat’em up trouve son groove
Dead as Disco débarque en Early Access avec une énergie folle, une direction artistique éclatante et un gameplay rythmé déjà très solide. Encore incomplet, mais déjà sacrément convaincant.
Un beat’em up musical plus accessible qu’il n’y paraît
Dead as Disco repose sur son système Beat Kune Do, une manière assez maligne de fusionner beat’em up et jeu de rythme. Le joueur ne doit pas forcément appuyer au millimètre sur chaque temps comme dans un pur rhythm game. Le jeu accompagne les actions et cale les coups sur la musique, ce qui rend l’ensemble plus permissif que son habillage peut le laisser croire.
Impossible pour autant d’ignorer le rythme. Il structure les combats, il donne leur cadence aux enchaînements, il guide la lecture des affrontements. On peut bourriner un peu au départ, tenter de survivre en multipliant les attaques et les esquives, mais les sensations deviennent bien meilleures dès que l’on accepte de jouer avec la musique plutôt que contre elle.
Cette permissivité évite surtout l’écueil du jeu réservé aux seuls obsédés du tempo parfait. Dead as Disco reste exigeant dans ses affrontements, notamment quand les arènes se remplissent d’ennemis, d’effets et de projectiles, mais il laisse assez d’espace pour se tromper, se reprendre et retrouver le fil. Le résultat donne un jeu d’action lisible, nerveux, spectaculaire, qui ne sacrifie pas le plaisir immédiat à la précision pure.
Les trois niveaux de difficulté aident aussi à trouver le bon équilibre. En normal, le jeu vise juste : assez accessible pour ne pas bloquer les joueurs curieux, assez actif pour demander un minimum d’attention et de coordination. Les habitués de beat’em up modernes y trouveront rapidement leurs marques, tandis que les joueurs moins à l’aise pourront ajuster l’expérience sans perdre l’essentiel.
Une campagne encore partielle, mais déjà bien mise en scène
Dans son état actuel, la campagne permet d’affronter une partie des sept Idols annoncés. Nous en avons combattu quatre, avec plusieurs stages encore verrouillés. C’est la limite la plus visible de cet Early Access : le parcours principal se termine plus vite qu’un jeu complet, et l’on sent forcément que Dead as Disco garde une partie de ses cartouches pour la suite.
La narration accompagne correctement cette montée en puissance. Elle ne prend pas toute la place et, pour un jeu aussi frontalement tourné vers l’action, c’est plutôt une bonne chose. L’histoire existe, elle donne un cadre, elle installe ses personnages, elle accompagne la progression sans ralentir le rythme général. On peut la suivre avec intérêt ou la laisser au second plan, le gameplay gardera assez d’impact pour porter l’expérience.
La mise en scène, elle, mérite davantage d’attention. Dead as Disco soigne énormément ses transitions, ses plans fixes, ses séquences animées, ses angles de caméra et son usage très graphique des paroles affichées à l’écran. Les dialogues et les scènes ne cherchent pas seulement à remplir l’espace entre deux combats : ils participent à l’identité visuelle du jeu. Même quand l’histoire passe au second plan, l’emballage reste extrêmement travaillé.
Les arènes poursuivent cette logique. Elles bougent, respirent, explosent de détails et d’effets. Le jeu adore charger l’écran, multiplier les animations autour du joueur et donner l’impression que chaque morceau prend possession du décor. Cette richesse visuelle peut parfois rendre l’action très dense, mais elle donne surtout à Dead as Disco une personnalité immédiate.
Une direction artistique qui fait tout danser
Le plus gros choc de Dead as Disco vient de sa direction artistique. Le jeu a une gueule, une vraie. Néons, couleurs agressives, silhouettes marquées, décors en mouvement, effets typographiques, chorégraphies de combat : tout participe à une ambiance musicale permanente.
L’ensemble évoque autant le clip que la bande dessinée animée, avec une énergie très pop qui colle parfaitement à son concept. Chaque arène semble pensée comme une scène. Les ennemis ne sont pas seulement là pour encaisser des coups, ils participent au spectacle. Les Idols possèdent leur propre présence, leur identité visuelle, leur manière d’occuper l’écran.
Cette ambition graphique aurait pu tourner à la surcharge. Elle tient grâce au rythme. Dead as Disco va vite, parfois très vite, mais il conserve une forme de cohérence dans ses effets. On comprend l’action, on suit les priorités, on identifie les menaces principales. Quand le jeu lance un morceau connu comme Maniac, l’effet fonctionne immédiatement : on sourit, on tape du pied, et on enchaîne les ennemis avec une satisfaction très directe.
C’est sans doute le signe le plus parlant de la réussite du jeu : même dans un combat difficile, même au milieu du chaos, il donne envie de continuer pour la musique suivante.
Le mode Disco compense largement le format Early Access
La campagne reste courte dans cette version, mais Dead as Disco évite de laisser le joueur devant une coquille trop mince. Le mode Disco apporte une vraie épaisseur au contenu disponible. On y retrouve une playlist complète des titres accessibles, avec des morceaux verrouillés sous conditions, des variantes, des remixes et surtout plusieurs défis à réaliser sur chaque musique.
Ce mode change beaucoup la perception de l’Early Access. Au lieu de simplement finir les niveaux disponibles avant d’attendre la suite, on peut revenir sur les morceaux, viser de meilleurs résultats, remplir les objectifs, tester d’autres approches et prolonger largement la durée de vie. Dead as Disco devient alors un jeu que l’on relance pour le plaisir d’un morceau, d’un combat, d’un défi précis.
Le Free Play permet de profiter plus simplement des musiques, sans forcément courir après les objectifs. C’est moins structurant, mais utile pour ceux qui veulent retrouver l’énergie du jeu sans pression.
La fonction My Music, qui permet d’utiliser sa propre bibliothèque musicale, n’a pas été testée ici. Faute de fichiers MP3 disponibles sur la machine, difficile d’en juger sérieusement. Sur le papier, la promesse est évidemment forte pour la rejouabilité, mais notre avis se limite au contenu intégré au jeu.
Technique et confort
Dead as Disco tourne autour d’une exigence simple : si le rythme ne répond pas bien, tout s’écroule. Sur ce point, les sensations sont solides. Les coups s’enchaînent correctement, les esquives répondent bien, et le jeu parvient à conserver une belle fluidité dans des arènes souvent chargées.
L’interface et la lisibilité générale peuvent encore gagner en précision. Certains éléments mériteraient d’être mieux expliqués, certains défis ou objectifs gagneraient à être davantage mis en avant, et le statut Early Access se ressent encore dans quelques aspérités. Rien qui casse l’expérience, mais assez pour rappeler que Dead as Disco n’est pas encore dans sa version finale.
Le confort dépendra aussi de la tolérance de chacun à la densité visuelle. Le jeu bouge beaucoup, affiche beaucoup, colore beaucoup. Cette générosité fait partie de son charme, mais elle peut fatiguer sur de longues sessions. Les joueurs sensibles aux effets lumineux et aux écrans très chargés devront probablement doser leurs sessions.
Points forts
➤ Direction artistique superbe, immédiatement reconnaissable
➤ Gameplay rythmé, fluide et plus accessible qu’il n’y paraît
➤ Très bonnes sensations de combat
➤ Mode Disco généreux, avec défis et rejouabilité réelle
➤ Excellente intégration de la musique dans l’action
➤ Mise en scène très travaillée, jusque dans les transitions et les dialogues
➤ Trois niveaux de difficulté bienvenus
Points faibles
➤ Campagne encore incomplète en Early Access
➤ Certains stages et contenus restent verrouillés
➤ Quelques éléments de lisibilité et d’explication à renforcer
➤ La densité visuelle peut fatiguer selon les profils
➤ Fonction My Music non testée dans notre session
Verdict
Dead as Disco est déjà l’un des Early Access les plus solides du moment dans son registre. Son contenu principal reste incomplet, mais le jeu compense largement par la qualité de son gameplay, son mode Disco, sa direction artistique flamboyante et sa capacité à transformer chaque combat en performance musicale.
Le plus important, c’est que Dead as Disco amuse immédiatement. Il ne demande pas d’attendre une version finale pour montrer son potentiel. Il a déjà du rythme, du style, une vraie générosité et une base de gameplay capable de tenir pendant des heures grâce aux défis et aux morceaux à rejouer.
On attend maintenant la suite du contenu, les Idols restants, les nouveaux stages et les ajouts promis. En l’état, Dead as Disco mérite déjà l’attention des amateurs d’action musicale, surtout ceux qui aiment les jeux capables d’associer spectacle, précision et pur plaisir de frappe.