Agent 64: Spies Never Die - Un hommage rétro qui demande de l'investissement
Agent 64: Spies Never Die ressuscite le FPS N64 avec une fidélité remarquable, tout en modernisant intelligemment sa structure et sa rejouabilité.
Cinq ans et demi de développement en solo. Un seul homme, Replicant D6, derrière le projet. Et une ambition particulièrement précise : retrouver les sensations des grands FPS d'espionnage de la Nintendo 64 sans se contenter d'en reproduire l'apparence. Agent 64: Spies Never Die assume pleinement son héritage et reprend même certains de ses archaïsmes pour construire une expérience qui demande au joueur de s'investir.

Une couverture qui craque
On incarne John Walter, un agent grisonnant dont la mission prend rapidement une dimension personnelle lorsque sa famille se retrouve impliquée dans les événements. Sa fille devient notamment un personnage important de l'aventure et accompagne le joueur durant une grande partie des missions. Il faudra alors progresser sans la mettre en danger, avec parfois le risque de lui tirer accidentellement dessus.
L'histoire se construit chapitre après chapitre et commence comme une intrigue d'espionnage relativement classique. L'ensemble prend toutefois progressivement une tournure beaucoup plus déjantée, jusqu'à atteindre dans le troisième acte un niveau de démesure qui assume pleinement les clichés du cinéma d'espionnage. Les petites cinématiques introduisent efficacement les missions tandis que les briefings accessibles depuis le menu permettent de comprendre rapidement les objectifs.
Licence de tirer, à l'ancienne
Dès les premières minutes, Agent 64 assume son modèle. La visée reprend directement les principes de GoldenEye 007 et Perfect Dark, avec une assistance au tir qui permet de se concentrer sur le positionnement et les déplacements. Pour viser avec davantage de précision, notamment lors des headshots, il suffit d'appuyer sur LT pour faire apparaître un curseur et affiner son tir.
Cette mécanique demande un petit temps d'adaptation, mais devient rapidement très agréable à utiliser. Le jeu retrouve ainsi cette sensation particulière des FPS N64, où l'on ne dispose pas d'un viseur permanent et où chaque affrontement demande davantage d'attention. La comparaison avec Perfect Dark est particulièrement évidente dans la manière dont les armes et les gadgets viennent compléter l'arsenal.
L'équipement varie selon les missions. Le pistolet silencieux côtoie progressivement magnums, mitraillettes, fusils à pompe, fusils de précision et armes expérimentales. Les gadgets changent également selon les situations et peuvent notamment servir au piratage ou à l'approche de certains objectifs. Cette variété permet aux missions de conserver leur propre identité plutôt que de transformer chaque niveau en simple succession de fusillades.
Aucune marge d'erreur pour l'agent Walker
Agent 64 demande de l'investissement, mais cette exigence s'inscrit surtout dans sa volonté de retrouver les sensations des FPS de l'époque. Il n'y a pas de checkpoints et la santé ne se régénère pas automatiquement. Les gilets pare-balles permettent d'encaisser davantage de dégâts, mais leur disponibilité varie selon la difficulté choisie.
La conséquence est immédiate : progresser demande d'observer les niveaux, de mémoriser les positions ennemies et de réfléchir à son approche. Foncer sans préparation reste rarement une bonne idée. Le jeu encourage plutôt une progression méthodique, particulièrement appréciable lorsque l'on commence à connaître suffisamment une mission pour enchaîner les différentes étapes avec davantage de maîtrise.
Le système de Cyphers renforce cette logique. Chaque mission propose trois niveaux de difficulté, Agent, Special Agent et 64 Agent, qui rapportent respectivement un, deux ou trois Cyphers. Il faut en accumuler six pour débloquer le deuxième acte, seize pour le troisième et trente-deux pour le quatrième. Cette progression incite naturellement à revenir sur les missions déjà terminées.
L'intérêt vient surtout du fait que les niveaux de difficulté supérieure ne se contentent pas d'ajouter des ennemis ou d'augmenter leurs dégâts. De nouvelles zones deviennent accessibles et certains objectifs supplémentaires apparaissent. On redécouvre ainsi réellement les missions que l'on pensait connaître, avec de nouveaux chemins et de nouvelles contraintes.
Walker n'a pas fini de fouiller
Cette approche se retrouve également dans les contenus secondaires. Chaque mission dissimule notamment un masque bleu qu'il faudra trouver et détruire pour débloquer des missions supplémentaires. Ces dernières proposent des défis plus légers et parfois franchement absurdes, avec des épreuves chronométrées ou encore des modes dans lesquels les têtes des adversaires prennent des proportions particulièrement démesurées.
Le jeu exploite ainsi son level design pour prolonger l'expérience plutôt que de multiplier artificiellement les contenus. Les missions restent intéressantes à parcourir parce que leur structure permet plusieurs niveaux d'investissement. On peut se contenter de terminer l'objectif principal ou revenir plus tard pour tenter d'obtenir davantage de Cyphers, découvrir les masques et relever les défis supplémentaires.
En plus de sa campagne jouable en coopération, Agent 64 intègre du multijoueur local en écran scindé jusqu'à quatre participants pour ses modes compétitifs. L'inclusion de bots permet de combler les sessions de Deathmatch, offrant une expérience fluide qui respecte fidèlement l'ADN des jeux de tir de l'ère Nintendo 64.
Nous n'avons toutefois pas testé suffisamment le multijoueur en ligne pour pouvoir porter un jugement définitif sur cette partie.
Une mission qui a gardé son cachet
Visuellement, Agent 64 assume totalement son esthétique low-poly. Les textures volontairement grossières et les modèles anguleux évoquent immédiatement GoldenEye 007 et Perfect Dark. Ce choix artistique n'est jamais présenté comme une limitation à dissimuler : il constitue au contraire une partie intégrante de l'identité du jeu.
Sur Legion Go S, le titre fonctionne parfaitement à 60 images par seconde avec ses réglages de base. L'expérience reste fluide et stable, tandis que le filtre CRT renforce considérablement l'impression de retrouver une partie jouée sur un ancien téléviseur cathodique.
Quelques zones sont toutefois trop sombres et peuvent rendre certains passages ou certaines portes difficiles à repérer. Le problème devient plus visible avec le filtre CRT activé. Le développeur reste néanmoins particulièrement réactif sur ce point et corrige rapidement les problèmes signalés.
La bande-son complète efficacement cette direction rétro avec des compositions qui évoquent les films d'espionnage des années 1990 et 2000. Elle accompagne les missions sans chercher à dépasser son rôle et participe pleinement à l'atmosphère générale.
Verdict
Agent 64: Spies Never Die est avant tout un véritable hommage aux FPS d'espionnage de la Nintendo 64. Son intérêt ne vient pas uniquement de ses graphismes low-poly ou de son filtre CRT. Le jeu reprend également les principes de gameplay de cette époque, de la visée particulière à l'absence de checkpoints, en passant par une progression qui demande de connaître progressivement les niveaux.
Ses quelques aspérités peuvent demander un temps d'adaptation. La visée surprend au départ, certaines missions peuvent demander plusieurs tentatives et l'absence de checkpoints rend quelques échecs plus lourds à encaisser. Le système de Cyphers pousse lui aussi à rejouer les niveaux pour progresser, ce qui ne conviendra pas forcément à tous les joueurs.
Conclusion
Verdict
Points forts
- Sensation rétro particulièrement fidèle
- Excellente fluidité sur Legion Go S
- Level design pensé pour la rejouabilité
- Système de Cyphers intelligent
- Missions et défis secondaires variés
- Arsenal et gadgets adaptés aux différentes missions
- Bande-son parfaitement dans le ton
Points faibles
- Quelques passages trop sombres
- Absence de checkpoints parfois exigeante
- Une visée qui demande un temps d'adaptation
- Quelques bugs ponctuels, heureusement corrigés rapidement
Agent 64: Spies Never Die est avant tout un véritable hommage aux FPS d'espionnage de la Nintendo 64. Son intérêt ne vient pas uniquement de ses graphismes low-poly ou de son filtre CRT. Le jeu reprend également les principes de gameplay de cette époque, de la visée particulière à l'absence de checkpoints, en passant par une progression qui demande de connaître progressivement les niveaux.
Ses quelques aspérités peuvent demander un temps d'adaptation. La visée surprend au départ, certaines missions peuvent demander plusieurs tentatives et l'absence de checkpoints rend quelques échecs plus lourds à encaisser. Le système de Cyphers pousse lui aussi à rejouer les niveaux pour progresser, ce qui ne conviendra pas forcément à tous les joueurs.
Mais cette exigence trouve rapidement son intérêt lorsque l'on entre dans la logique du jeu. Agent 64 récompense la maîtrise plutôt que la précipitation et propose surtout un level design suffisamment travaillé pour justifier plusieurs passages dans les mêmes missions.

A propos du studio
Replicant D6 est un développeur indépendant qui a consacré environ cinq ans et demi au développement d'Agent 64: Spies Never Die. Le projet revendique ouvertement son héritage Nintendo 64 et cherche à retrouver les sensations des FPS d'espionnage qui ont marqué cette génération, tout en ajoutant ses propres systèmes de progression et de rejouabilité.