Un Metroidvania en pixel art qui troque l’héroïsme classique contre un voyage intérieur nettement plus instable, puisqu’il place le joueur dans l’esprit d’un développeur au bord de la rupture, derrière son vernis rétro et son humour absurde, The Prisoning s’attaque frontalement à un sujet rarement traité de cette façon : le burnout créatif et la pression du crunch. Fletcher Howie Jr., développeur en fin de projet, se retrouve coincé dans son propre subconscient après une séance de thérapie qui tourne mal. Le jeu déroule une aventure où chaque zone, chaque ennemi et chaque mécanique semble directement connecté à ses angoisses, ses obsessions et ses doutes.
The Prisoning adopte une structure Metroidvania classique, avec exploration non linéaire, cartes interconnectées, retours en arrière constants et montée en puissance progressive du personnage. De nouveaux pouvoirs viennent régulièrement enrichir l’arsenal de Fletcher, permettant d’accéder à des zones jusque-là inatteignables et de reconfigurer la manière d’aborder les combats.
Mais le jeu ne se limite pas à cette base éprouvée. Le ton, volontairement décalé, oscille entre satire grinçante et comédie absurde. Les boss et ennemis incarnent souvent des peurs très concrètes du milieu du développement : deadlines impossibles, bugs incontrôlables, attentes irréalistes ou perte totale de motivation. Le récit avance par touches, parfois très frontales, parfois plus cryptiques, laissant au joueur le soin d’interpréter ce qu’il traverse réellement.
Elden Pixels revendique d’ailleurs une histoire « basée sur des faits réels », même si l’ensemble est clairement exagéré et détourné pour servir le jeu. Ceux que la thématique de l’anxiété rebute pourront toutefois ignorer largement cette dimension narrative. The Prisoning propose aussi une expérience beaucoup plus mécanique, presque brute, où l’on peut se contenter d’avancer, de combattre et de maîtriser un système de jeu très nerveux.
Les développeurs mettent en avant un rythme soutenu, un grand nombre d’ennemis éliminables, des combats précis et une bande-son chiptune omniprésente, pensée pour réveiller la fibre nostalgique. Le pixel art, dense et parfois volontairement chargé, participe à cette sensation d’étouffement mental, tout en restant fidèle au savoir-faire du studio.
Après Alwa’s Awakening, Alwa’s Legacy et A Void Hope, Elden Pixels continue d’explorer des registres plus personnels, sans abandonner son attachement à des mécaniques solides et immédiatement lisibles. Avec The Prisoning: Fletcher’s Quest, le studio semble vouloir concilier discours intime et efficacité ludique, quitte à bousculer légèrement les attentes.
À noter que le jeu est actuellement entre nos mains. Un test complet est en cours de préparation et devrait être publié lundi 9 février, juste avant sa sortie officielle.
À propos du studio
Fondé en 2016 en Suède, Elden Pixels est né autour du développement d’Alwa’s Awakening, d’abord conçu comme un projet secondaire entre amis avant de rencontrer un succès suffisant pour donner naissance à un véritable studio. Depuis, l’équipe s’est spécialisée dans des jeux en pixel art fortement axés sur le gameplay, tout en cherchant à intégrer des thèmes plus personnels et émotionnels dans ses productions.