The Legend of Zelda: Ocarina of Time – Test : pourquoi ce remake nous est tombé des mains
Après quatre donjons, le remake d'Ocarina of Time nous est tombé des mains. Une refonte soignée qui manque pourtant d'ambition.
Après le Temple de la Forêt, nous avons arrêté. Link venait de devenir adulte, Hyrule avait changé, et nous n’avions plus vraiment envie de continuer. Pas par frustration, pas par difficulté, simplement parce que le remake ne nous donnait plus de raison de poursuivre. Quatre donjons plus tard, nous avions l’impression de refaire un jeu que nous connaissions déjà, dans une version plus jolie et plus confortable, mais sans véritable surprise.
Ocarina of Time reste un monument. Son influence sur le jeu d’aventure 3D est immense, et ses donjons d’origine tiennent toujours la route. La version Switch 2, sortie à 59,99 euros, a clairement bénéficié d’un vrai travail de reconstruction : environnements retravaillés, animations modernisées, caméra libre, bouton de saut, accès plus rapide à l’équipement, musiques réorchestrées et cinématiques doublées. Sur le plan purement technique et ergonomique, c’est une nette amélioration par rapport à l’original et même à la version 3DS.

Le problème, c’est que ce travail de modernisation reste très sage. Nintendo a soigné la présentation et le confort, mais n’a quasiment pas touché à la structure ni aux énigmes. Les mêmes parcours, les mêmes donjons, les mêmes grandes étapes. Pour quelqu’un qui découvre le jeu, c’est une très bonne porte d’entrée. Pour ceux qui l’ont déjà fait plusieurs fois, ça ressemble surtout à une nouvelle visite, plus agréable, mais peu renouvelée.
C’est particulièrement sensible sur l’exploration et les énigmes. Ocarina of Time n’était déjà pas un jeu très difficile. Ici, Nintendo a ajouté une couche d’assistance supplémentaire : indices visuels plus marqués, caméra qui montre parfois plus clairement ce qu’il faut regarder, fenêtres d’action mieux signalées. Le combat contre Gohma, par exemple, devient plus lisible, au détriment d’une partie de la découverte. Ce n’est pas rédhibitoire, mais ça change le rapport qu’on avait avec les salles. On regarde moins, on essaie moins, parce que le jeu nous guide davantage.
La caméra libre est un vrai plus pour le confort, mais elle révèle aussi les limites du level design d’origine. Beaucoup de situations conçues pour des cadrages fixes deviennent plus simples à lire. Nintendo a fait quelques ajustements, sans pour autant revoir en profondeur l’organisation des donjons. Résultat : on retrouve le plaisir de parcourir l’Arbre Mojo, la Caverne Dodongo ou le Temple de la Forêt, mais sans jamais vraiment retrouver le sentiment de découverte.
La comparaison avec la version 3DS est un peu cruelle. À l’époque, l’affichage stéréoscopique apportait une sensation réellement différente, même si le jeu restait fidèle. Quinze ans plus tard, la Switch 2 propose une reconstruction bien plus ambitieuse techniquement, mais nous avons été moins marqués. La puissance supplémentaire ne suffit pas à recréer cette petite étincelle de nouveauté.
Ce n’est pas un mauvais remake. Les commandes sont plus naturelles, les lieux ont davantage de présence, et le travail sur la bande-son et les dialogues se sent. Mais à 60 euros, et après toutes les rééditions déjà existantes, on attendait peut-être un peu plus qu’une très belle restauration. Pas forcément de nouveaux donjons ou une réécriture complète, mais au moins quelques énigmes revues, quelques situations un peu différentes, quelque chose qui donne envie aux joueurs qui connaissent déjà Hyrule de se replonger dedans avec curiosité.
Nous nous sommes arrêtés après le Temple de la Forêt. Pas parce que le jeu était mauvais, mais parce que nous n’avions plus vraiment de raison de continuer. Pour les nouveaux venus, cette version reste une excellente manière de découvrir un classique. Pour les autres, elle donne surtout l’impression d’une occasion manquée.
Conclusion
Verdict
Points forts
- Une reconstruction graphique importante
- Des commandes et une caméra modernisées
- Une interface plus confortable
- Des cinématiques doublées et une bande-son réorchestrée
- Des donjons dont les idées originales restent solides
Points faibles
- Une réinterprétation beaucoup trop prudente
- Des aides supplémentaires qui simplifient inutilement l'exploration
- Des donjons trop peu repensés pour les nouvelles commandes
- Peu de véritables surprises pour les habitués
- Un prix élevé pour une aventure déjà largement rééditée
Ocarina of Time reste un excellent jeu, et ce remake Switch 2 est techniquement réussi. Nintendo a fait un travail propre sur la présentation et le confort. Mais en restant aussi fidèle à l’original tout en facilitant davantage l’expérience, il rate l’occasion de redonner de l’intérêt à une aventure que beaucoup connaissent déjà par cœur. C’est une belle version, pas une redécouverte.
