Test - Grizzy & The Lemmings : Crazy Party

Balio Studio transforme la célèbre licence en un party game local inspiré de Mario Party, plus direct et nerveux.

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Un Mario Party plus direct, plus nerveux, et made in Mons

Huit heures. Une journée entière passée à enchaîner les plateaux, les mini-jeux et les coups bas entre Lemmings. Pas d'online, uniquement du local, entre potes et face à l'IA. Et franchement ? On s'est bien amusés.

Grizzy & The Lemmings : Crazy Party est un party game qui assume complètement son héritage. C'est un Mario Party sous stéroïdes, habillé avec la licence française de HARI. Un ours grincheux qui veut juste la paix, une bande de rongeurs qui n'a aucune intention de la lui laisser. Le principe est simple, l'exécution est soignée, et le rythme est nettement plus tendu que chez le plombier italien.

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Le contexte belge (parce que ça compte)

Balio Studio, basé à Mons, existe depuis 2009. Pendant plus de seize ans, les frères Baglio ont développé des jeux sous licence pour le compte d'éditeurs tiers : Les Schtroumpfs, Garfield, Totally Spies, Astérix & Obélix, Les Sisters, ou encore Fort Boyard figurent à leur catalogue. Jamais leur nom n'apparaissait sur la boîte. Crazy Party change la donne : c'est le premier titre qu'ils développent et publient eux-mêmes. Ils négocient désormais les licences en direct. Un virage stratégique assumé, et on le sent dans le soin apporté au jeu.

Sur le plateau, c’est la guerre des Yummy

On incarne les Lemmings et on court après les pots de Yummy, la monnaie de victoire. Les jetons dorés servent de monnaie secondaire et départagent les égalités. À la fin, celui qui a le plus de Yummy gagne.

Cinq plateaux, débloqués progressivement :
➤ Cabane du ranger : le tuto parfait, l'ours dort, on gère juste son réveil
➤ Route de la montagne : on grimpe, on prend le téléphérique, les chutes de pierre et les élans qui envoient plus loin
➤ Usine à Yummy : des tapis roulants qui déplacent malgré soi
➤ Mine de diamant : des chariots imprévisibles
➤ Base lunaire : embranchements multiples et pièges partout

Cette progression est intelligente. Le jeu ne balance pas toutes ses mécaniques d'un coup.

Les cases bonus et malus sont nombreuses et bien pensées : patins à roulettes qui font gagner une case, dé enflammé qui donne le chiffre maximum, dé maudit qui plafonne à trois, banqueroute qui fait perdre tous ses jetons, case tirelire où l'on dépose des pièces en passant devant, qu'un autre récupère s'il s'arrête sur la case, aspirateur qui envoie ailleurs sur le plateau. Rien de révolutionnaire pris isolément, mais l'accumulation crée un chaos permanent. Chaque partie a sa propre identité.

Petit détail appréciable : il est possible d'accélérer les tours de l'IA jusqu'à x1,5. Ça fait gagner un temps précieux.

Un buffet d’épreuves qui ne faiblit jamais

C'est là que le jeu marque le plus de points. 50 mini-jeux répartis en sept familles : adresse, vitesse, collection, survie, spam, observation, rythme. Une quarantaine ont été testés. Aucun n'était dispensable. C'est rare.

Quelques exemples marquants :
➤ Drift Kart : un vrai mini Mario Kart en écran divisé en quatre, avec caisses bonus, zones d'accélération et dérapages, à la conduite accessible mais agréable
➤ Best Brawl : une variante assumée de Parappa the Rapper, avec des accélérations de tempo stressantes et très fun ➤ Cake Dash : une bagarre de parts de gâteau, avec parts d'or et combinaisons, du bordel organisé
➤ Candy Bash : un élan muni d'une piñata, des bonbons partout, le risque de se faire piétiner, rageant et excellent à la fois
➤ Bubble Blitz : on fait éclater des bulles pendant que Grizzy prend son bain, le réveiller déclenche une vague punitive
➤ Home Run, Rope a Hope, Hue Hustle, Gust Buster : la liste est longue et la variété bien réelle

Le système de sélection est malin : après chaque tour, trois épreuves plus une carte aléatoire sont proposées. Les joueurs se positionnent physiquement devant celle qu'ils veulent, et peuvent bloquer les autres pour les empêcher de rejoindre leur choix. Ça crée de la tension avant même le début du mini-jeu.

Modes de jeu

Deux grands modes structurent l'offre. Le mode plateau propose de 8 à 28 tours, soit entre 40 et 140 minutes de jeu, avec cinq niveaux de difficulté pour l'IA. Le mode mini-jeux se décline en plusieurs variantes : libre, roulette aléatoire, sélection personnelle, combat en 2 contre 2, "Wanted" où un joueur désigné doit être battu par les autres, ou encore Roi de la colline en forme de championnat à points cumulés. De quoi adapter la session selon le public et le temps disponible.

Technique et direction artistique

Le jeu a été testé sur un portable gaming (RTX5060) et sur un Legion Go S, le titre tourne parfaitement. Sur Legion Go S, le jeu tourne confortablement au-delà des 70 fps en continu. La charge processeur plafonne à 50 %, la charge GPU se situe autour de 80 % (largement gérable), et les temps de chargement se comptent en secondes. L’optimisation est exemplaire pour un party game de ce type.

Visuellement, le jeu reste fidèle à la série. Les modèles 3D sont propres, les animations contextuelles nombreuses, la petite moue boudeuse d'un personnage dont l'épreuve n'a pas été choisie est un détail délicieux. La caméra reste volontiers proche des Lemmings sur les plateaux, ce qui met en valeur le travail d'animation. 

L'ambiance sonore suit la même logique : des boucles musicales qui changent selon les menus, des thèmes d'épreuves suffisamment soignés pour ne pas lasser.

Accessibilité et longévité

Cinq niveaux de difficulté pour l'IA, dont le plus élevé pousse réellement. Le solo face à l'ordinateur constitue un bon terrain d'entraînement avant d'affronter de vrais adversaires.

Pas de long tutoriel : les règles se découvrent en jouant. C'est une approche plus directe et plus respectueuse du temps du joueur que celle de Mario Party, qui a tendance à tout expliquer en long et en large avant chaque épreuve.

Côté contenu, une machine à boules récompense chaque session : trois jetons d'or donnent droit à un tirage, qui distribue au choix des stickers à collectionner (150 au total), de nouveaux personnages parmi les 40 disponibles, ou des mini-jeux supplémentaires. Cinq écussons sont en plus à récupérer sur chaque plateau. De quoi revenir plusieurs fois.

Conclusion

Verdict

8/10Note finale

Points forts

  • Variété et qualité des mini-jeux, aucune épreuve vraiment faible sur la quarantaine testée
  • Un rythme nettement plus nerveux et direct que Mario Party
  • Une optimisation technique remarquable, sur PC comme en portable
  • Une progression intelligente des plateaux
  • Une boucle de collection généreuse
  • Un premier titre auto-édité qui montre déjà une vraie maîtrise de la part de Balio Studio

Points faibles

  • Une formule qui reste dans les codes du party game classique (même si elle est plus nerveuse et directe que Mario Party).
  • Boucle sonore parfois un peu courte.

Crazy Party ne réinvente pas la formule du party game. C'est un Mario Party habillé en Grizzy & the Lemmings, avec une exécution soignée et un rythme plus tendu. Là où Nintendo multiplie parfois les écrans d'explication, Balio fait confiance au joueur : les règles se découvrent en jouant, et ça change beaucoup de choses dans la fluidité d'une session.

Pour 39,99 €, le contenu est généreux, la technique est propre, et le studio montois signe une entrée en matière convaincante pour ses débuts d'éditeur. Huit heures de jeu plus tard, l'envie d'y retourner est toujours là.

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