Test de Star Fox sur Switch 2 - Le rail shooter peut-il encore convaincre en 2026 ?

Star Fox revient dans une refonte spectaculaire, sans parvenir à masquer totalement les limites d’un rail shooter conçu en 1997.

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Quinze ans se sont écoulés depuis notre dernière véritable rencontre avec Fox McCloud, sur la version Nintendo 3DS de Star Fox 64. Nintendo ramène aujourd’hui son escouade sur Switch 2 avec une reconstruction graphique complète, de nouvelles cinématiques et plusieurs modes destinés à prolonger une campagne toujours construite autour du scoring. Après huit heures passées dans l’Arwing, la question dépasse donc la fidélité du remake : un rail shooter pensé à la fin des années 1990 peut-il encore surprendre en 2026 ?

La réponse réclame quelques nuances. Star Fox demeure immédiatement agréable à prendre en main, lisible et capable d’enchaîner les séquences spectaculaires sans ralentissement perceptible. La nouvelle carrosserie brille sous tous les angles, mais le châssis conserve les dimensions et les habitudes de l’original.

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Un renard toujours sur des rails

La campagne reprend la structure de Star Fox 64. Fox, Falco, Peppy et Slippy traversent le système de Lylat pour rejoindre Venom, tout en répondant aux attaques ennemies et aux appels de détresse lancés pendant les missions. Les niveaux alternent les phases entièrement guidées et les zones ouvertes dans lesquelles l’Arwing peut effectuer des demi-tours et attaquer plus librement.

Les commandes classiques restent la meilleure manière de piloter. Les déplacements répondent immédiatement, le réticule permet d’anticiper les trajectoires ennemies et les tonneaux s’intègrent naturellement aux mouvements d’évitement. Un joueur habitué à Star Fox 64 retrouve ses repères en quelques minutes, sans devoir réapprendre le fonctionnement de chaque arme ou de chaque manœuvre.

Le jeu conserve toutefois cette séparation particulière entre les déplacements du vaisseau et la visée. L’Arwing glisse dans une direction pendant que le réticule cherche une autre cible, avec un écran qui peut rapidement se remplir de tirs, de bâtiments et d’appareils ennemis. La lisibilité reste correcte, mais cette manière de contrôler l’action porte encore la marque de son époque.

Le score avant le générique

Une première campagne peut se terminer très rapidement. Certains joueurs atteindront Venom en moins de deux heures, surtout en suivant la route la plus accessible et en ignorant les conditions cachées. Présenter cette durée comme la totalité du jeu revient pourtant à passer à côté de son fonctionnement.

Star Fox est construit pour être recommencé. Chaque mission devient progressivement un parcours à mémoriser, avec ses vagues d’ennemis, ses bâtiments destructibles et ses occasions de multiplier les éliminations. Le joueur apprend à reconnaître le moment où un tir laser suffit, celui où une attaque chargée peut toucher plusieurs adversaires et celui où une bombe bien placée rapporte davantage de points.

Les médailles placées dans chaque niveau récompensent cette recherche de performance. Elles demandent de connaître les trajectoires ennemies, de prendre les bons embranchements et de ne pas laisser passer les groupes qui apparaissent pendant quelques secondes. La campagne change alors de nature : le voyage vers Venom devient une suite de parcours chronométrés que l’on affine tentative après tentative.

Trois routes vers Venom

La carte du système de Lylat propose plusieurs chemins. Une partie menée sans objectif particulier conduit principalement vers les missions les plus accessibles, tandis que certaines actions ouvrent des destinations plus exigeantes. Il faut parfois protéger un allié, atteindre un score précis ou remplir une condition particulière avant la fin d’un niveau.

Ces embranchements donnent une véritable utilité à la répétition. Une mission déjà terminée peut cacher une sortie différente, un autre boss ou une planète encore absente de la carte. Le joueur qui suit uniquement la route directe verra une partie réduite de la campagne et manquera plusieurs séquences importantes.

Les difficultés facile et normale sont disponibles dès le départ. Le mode Expert demande davantage d’investissement, puisqu’il faut obtenir les médailles de la campagne en difficulté normale avant de pouvoir l’affronter. Cette condition place la maîtrise du scoring au centre de la progression et réserve le défi le plus élevé aux pilotes qui ont réellement appris chaque parcours.

Des défis pour changer de trajectoire

Les planètes visitées pendant la campagne deviennent ensuite accessibles dans le mode Défi. Chaque mission reçoit plusieurs objectifs supplémentaires, avec des demandes comparables aux listes de tâches des anciens Tony Hawk. Il peut être nécessaire de détruire six robots particuliers, de terminer un niveau en moins de trois minutes ou d’éliminer plusieurs ennemis avec un tir chargé.

Ces objectifs obligent à regarder autrement des environnements déjà connus. Une cible ignorée pendant l’histoire devient soudain prioritaire, tandis qu’un itinéraire efficace pour le score peut se révéler trop long pour réussir une épreuve chronométrée. Les défis Expert ajoutent une seconde couche pour les joueurs qui souhaitent pousser l’optimisation plus loin.

Cette structure représente l’essentiel de la durée de vie. Star Fox ne cherche pas à aligner des dizaines de missions inédites : il demande au joueur de revenir dans les mêmes niveaux et d’y améliorer son exécution. Celui qui apprécie le scoring pourra dépasser largement la durée d’une campagne classique, tandis que le joueur venu uniquement pour découvrir l’histoire risque de ranger le jeu beaucoup plus tôt.

La Switch 2 permet également d’utiliser un Joy-Con 2 comme une souris. Cette configuration fait passer l’action en vue intérieure et sépare davantage le pilotage de la visée. Le changement réclame une période d’adaptation, surtout après plusieurs missions effectuées avec les commandes classiques.

Notre première prise en main ne nous a pas convaincus. La vue intérieure modifie les repères et la souris ne procure pas immédiatement la précision espérée dans les séquences les plus chargées. Nous ne l’avons toutefois pas utilisée assez longtemps pour condamner définitivement cette option, qui pourra trouver son public chez les joueurs prêts à reconstruire leurs automatismes.

La coopération reprend une idée déjà rencontrée dans Star Fox Zero. Un joueur dirige le vaisseau pendant que le second utilise la visée souris pour tirer. Cette répartition transforme le cockpit en expérience asymétrique, avec deux participants obligés de coordonner leurs mouvements et leurs priorités.

L’exercice manque rapidement de naturel. Le pilote dépend d’un partenaire pour éliminer les menaces placées dans l’axe, tandis que le tireur doit suivre des trajectoires qu’il ne contrôle pas. L’option apporte une curiosité supplémentaire aux défis, sans devenir notre manière privilégiée de parcourir le jeu.

Star Fox contre Star Wolf

Le multijoueur oppose l’équipe Star Fox à l’équipe Star Wolf dans des affrontements accessibles en local, en GameShare ou en ligne. Les parties mélangent les éliminations et plusieurs objectifs, comme la prise d’une zone qu’il faut ensuite défendre. Chaque action rapporte des points et les appareils détruits reviennent après quelques secondes.

Les premières soirées suivant la sortie permettent de trouver rapidement des adversaires. Lors de notre session du samedi soir, les recherches ont abouti sans attente excessive et les cartes se sont remplies normalement. Cette fréquentation devra être observée sur la durée, car la valeur du mode dépendra directement du nombre de joueurs encore présents dans plusieurs semaines.

Les affrontements offrent une respiration intéressante après les niveaux guidés de la campagne. Les déplacements deviennent plus libres, les adversaires humains sont moins prévisibles et les objectifs empêchent de tourner simplement autour de la carte en attendant une cible. Le contenu multijoueur reste toutefois secondaire face au travail demandé par les médailles et les défis solo.

Un nouveau plumage

Le travail visuel constitue la transformation la plus évidente. Les environnements ont été entièrement reconstruits, les appareils affichent davantage de détails et les explosions remplissent l’écran sans perturber la fluidité. Le jeu maintient ses 60 images par seconde pendant notre session, en mode portable comme sur téléviseur.

L’absence de mode 120 images par seconde laisse néanmoins une petite frustration. La Switch 2 possède un écran capable d’atteindre cette fréquence, et un rail shooter aussi rapide semblait être un candidat naturel pour en profiter. Le résultat reste parfaitement fluide à 60 images par seconde, mais cette limitation réduit l’impression de découvrir une véritable vitrine technique conçue pour la nouvelle console.

La comparaison avec Star Fox 64 3D joue également contre ce remake. La version Nintendo 3DS avait déjà modernisé les modèles, les décors et les effets, tout en profitant de l’écran en relief de la machine. Le passage sur 3DS XL pouvait produire un effet spectaculaire que cette édition Switch 2, pourtant beaucoup plus détaillée, ne retrouve pas toujours.

Des voix venues d’ailleurs

Le doublage français accompagne l’ensemble des dialogues et des cinématiques. L’interprétation est solide, avec des répliques correctement synchronisées et une escouade qui conserve son énergie pendant les missions. Certaines voix sont toutefois si reconnaissables qu’elles peuvent évoquer immédiatement d’autres personnages de séries ou de films.

Fox souffre particulièrement de cette impression pendant les premières cinématiques. Le timbre choisi peut détourner momentanément l’attention et casser l’association avec le personnage. Cette gêne s’atténue rapidement lors des nouvelles parties, puisque les scènes déjà vues peuvent être passées.

Le prélude annoncé avant la sortie reste également très modeste. Cette séquence remonte cinq ans avant la campagne et montre la disparition du père de Fox, sans permettre de l’incarner. Elle ajoute quelques éléments de contexte, mais ne constitue ni une mission supplémentaire ni un véritable nouvel arc narratif.

Le prix de la fidélité

Star Fox est proposé à 49,99 euros en version numérique et à 59,99 euros en version physique. Ce tarif paraît élevé pour une reconstruction qui conserve presque intégralement la structure, les missions et les systèmes de Star Fox 64. Les défis, le multijoueur et les nouvelles cinématiques enrichissent l’ensemble sans transformer profondément l’aventure.

Le problème vient moins de la qualité du travail que de son manque d’audace. Les commandes répondent bien, l’image est propre et la campagne reste plaisante à recommencer. Nintendo et Velan Studios ont cependant choisi de protéger chaque élément de l’original, là où une nouvelle planète, une campagne secondaire ou quelques missions inédites auraient donné davantage de poids à cette résurrection.

Cette prudence soulève aussi des questions pour les futurs remakes de Nintendo. Une reconstruction graphique très fidèle peut convenir à un jeu court fondé sur le scoring, mais elle risque de montrer ses limites face à des titres plus longs et plus attendus. Une nouvelle apparence ne suffit pas toujours à recréer l’effet de découverte produit par l’œuvre d’origine.

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Conclusion

Verdict

7.5/10Note finale

Points forts

  • Un pilotage classique précis et immédiatement agréable
  • Des routes alternatives qui encouragent réellement la rejouabilité
  • Un système de scoring toujours efficace
  • Une refonte graphique propre et fluide à 60 images par seconde
  • Des défis nombreux pour prolonger chaque mission
  • Un doublage français complet et de qualité

Points faibles

  • Une campagne très courte pour les joueurs peu intéressés par le scoring
  • Une refonte extrêmement fidèle, sans véritables missions inédites
  • Une visée souris peu naturelle lors des premières parties
  • Une coopération asymétrique qui manque de fluidité
  • Aucun mode à 120 images par seconde
  • Un prix élevé pour un remake aussi prudent
  • Fox a la voix de Filip J Fry ?

Star Fox reste un bon rail shooter. Son rythme arcade, ses routes alternatives et sa recherche permanente du meilleur score continuent de produire des sessions efficaces. Les commandes classiques permettent de retrouver immédiatement les sensations de Star Fox 64, tandis que les défis donnent une raison valable de revenir sur chaque planète.

Cette édition Switch 2 manque toutefois d’une véritable surprise. La refonte graphique impressionne davantage par sa propreté que par ses choix, le prélude se limite à une courte cinématique et les nouveautés ne modifient jamais profondément la campagne. À ce prix, nous attendions autre chose qu’une copie particulièrement soignée d’un jeu déjà modernisé sur Nintendo 3DS.

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A propos du studio

Velan Studios est un développeur américain installé à Troy, dans l’État de New York. Le studio a notamment travaillé sur Mario Kart Live: Home Circuit et Knockout City, avec une production souvent centrée sur de nouvelles manières de contrôler ou de partager l’action.