Test - Bubsy 4D : le chat retombe presque sur ses pattes

Bubsy revient en 3D avec un platformer court, nerveux et taillé pour le chrono. Fabraz réussit à rendre la mascotte jouable, malgré une caméra parfois pénible.

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Bubsy traîne une réputation que peu de mascottes auraient accepté de porter aussi longtemps. Entre épisodes maladroits, retour discret et héritage souvent moqué, le lynx roux d’Atari revient avec Bubsy 4D, nouvel épisode confié à Fabraz, studio déjà remarqué dans la plateforme avec Demon Turf et Demon Tides.
Ce choix de développeur change beaucoup de choses. Fabraz connaît la plateforme 3D, le mouvement rapide, les trajectoires à optimiser et les personnages qui demandent un vrai temps d’adaptation. Bubsy 4D profite de cette expérience. Le résultat surprend d’abord par sa tenue : le personnage répond bien, les déplacements ont du ressort, les niveaux se traversent vite, et le jeu trouve une seconde vie dès que l’on commence à viser les meilleurs temps.
Notre test a été réalisé sur Nintendo Switch, via l’édition physique Pawsome Edition.

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Le lynx, la laine et les vieilles casseroles

Bubsy 4D assume son statut de retour improbable. L’histoire envoie le personnage récupérer les pelotes dorées volées par les BaaBots, dans une aventure spatiale légère, construite autour de planètes colorées, de moutons belliqueux et de personnages qui semblent toujours garder une certaine distance avec leur héros.

L’écriture reste dans le registre Bubsy : bavarde, moqueuse, parfois un peu insistante, mais moins lourde que ce que la licence pouvait laisser craindre. Le jeu joue avec son propre héritage, avec les attentes du public et avec cette image de mascotte ringarde revenue d’un autre âge. Certaines blagues fonctionnent, d’autres s’usent plus vite, surtout quand les lignes vocales reviennent trop souvent. Il existe néanmoins la possibilité de régler la fréquence à laquelle les punchline se déclenche.

L’ensemble garde tout de même un charme. Les personnages secondaires apportent du rythme, les costumes participent à l’autodérision, et l’ambiance générale donne au jeu une vraie personnalité. Bubsy n’est plus seulement une vieille blague que l’on ressort pour faire sourire : il devient ici un personnage de plateforme suffisamment expressif pour porter son aventure.

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Des griffes, de l’élan et du répondant

La bonne surprise vient du contrôle. Bubsy court, saute, plane, rebondit, plonge et se transforme en boule pour prendre de la vitesse. Le personnage réagit vite, et cette réactivité change immédiatement la perception du jeu. Les mouvements s’enchaînent avec naturel, les erreurs peuvent souvent se rattraper en plein saut, et plusieurs passages demandent de comprendre comment combiner les outils disponibles.

Le jeu devient plus intéressant quand on bascule dans l’optimisation. Chaque niveau propose un classement en ligne, et cette fonction change la lecture des stages. Les trajectoires deviennent plus importantes que les collectibles, les raccourcis prennent de la valeur, les mouvements doivent s’enchaîner avec précision. Bubsy 4D gagne alors une vraie composante speedrun, presque plus convaincante que son aventure principale.

Bubsy 4D peut se jouer comme un platformer 3D classique. Dans cette approche, on avance niveau après niveau, on explore un minimum, on récupère les pelotes visibles, puis on rejoint la fin du stage. En jouant de cette manière, l’aventure tient sur environ quatre grosses heures pour en voir le bout sans chercher à tout poncer.

Cette approche met aussi en valeur l’expérience de Fabraz. On sent une continuité avec Demon Turf et Demon Tides dans cette manière de construire un personnage autour de la vitesse, de l’élan et de la correction en plein mouvement. Bubsy peut aller vite, mais le joueur garde assez de contrôle pour transformer un saut approximatif en sauvetage de dernière seconde.

Pelotes, plateformes et chutes de tension

La structure reste ramassée : trois mondes, plusieurs niveaux par monde, puis un boss pour conclure chaque série. Chaque stage propose ses pelotes à ramasser, ses chemins secondaires, ses plans cachés et quelques variations de gameplay. Les plans permettent de débloquer des bonus ou des mouvements supplémentaires, ce qui renforce l’intérêt des retours en arrière et donne de vrais outils aux joueurs qui veulent améliorer leurs temps.

Le level design fonctionne mieux quand il accompagne la vitesse. Les meilleurs passages laissent Bubsy bondir, glisser, planer et reprendre son élan sans trop interrompre le rythme. Le jeu sait créer des séquences casse-gueule, avec des plateformes étroites, des murs à enchaîner ou des sauts tendus, tout en offrant assez de marge pour se replacer.

Tout n’a pas la même précision. Certains décors donnent une impression de vide, et quelques éléments semblent placés davantage pour remplir l’espace que pour enrichir le parcours. Les niveaux les plus verticaux exposent aussi les limites de la caméra. Sauter de mur en mur devient alors plus délicat que prévu, pas à cause du personnage, mais parce que la lisibilité ne suit pas toujours.

Les boss apportent des respirations appréciables. Ils ne révolutionnent pas le genre, mais ils donnent un rythme à la progression et concluent correctement chaque monde. Le jeu garde ainsi une cadence agréable, même si l’on sent parfois le cadre resserré d’une production indépendante à budget limité.

Une caméra qui perd parfois le fil

Sur Switch, Bubsy 4D s’en sort proprement. Le jeu tourne correctement, l’action reste lisible la majeure partie du temps, et la direction artistique en cel shading donne une identité cohérente aux personnages. Les animations gardent parfois un côté un peu flottant, mais l’ensemble reste vivant et expressif.

La caméra constitue le vrai défaut technique et ludique. Elle n’est pas catastrophique en permanence. La plupart du temps, elle accompagne correctement l’action. Dans certains passages précis, surtout avec de la verticalité ou des murs rapprochés, elle se place mal, colle trop au décor ou cache une partie de la trajectoire. Ces moments restent minoritaires, mais ils arrivent souvent dans des séquences où la précision devient essentielle.

La bande-son signe l’un des bons points du jeu. Les morceaux jazz/fusion donnent de l’énergie aux niveaux et accompagnent bien le côté mascotte remise au goût du jour. Le thème principal marque vite l’oreille, et l’ensemble participe à rendre Bubsy 4D plus sympathique que prévu.

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Retomber sur ses pattes

Bubsy 4D reste accessible dans sa progression principale. Les checkpoints évitent de rendre l’expérience trop punitive, et les mouvements permettent de corriger pas mal d’erreurs. Le jeu demande un peu de pratique, surtout quand les niveaux commencent à miser sur la vitesse ou les enchaînements de plateformes, mais il ne cherche pas à casser le joueur.

Le confort baisse surtout dans les passages où la caméra gêne la lecture. Les séquences verticales peuvent provoquer quelques chutes frustrantes, avec une perte de rythme assez nette quand il faut remonter plusieurs fois la même section. Le problème vient moins de la difficulté que de la visibilité.

Les options plus secondaires apportent une touche amusante, notamment les réglages liés aux dialogues ou certains modes de jeu plus exigeants. Ces ajouts ne changent pas la nature du titre, mais ils renforcent son côté petit jeu pensé avec affection pour sa licence.

Court à boucler, plus long à maîtriser

Bubsy 4D est court. En avançant droit vers la fin, l’aventure peut se terminer très vite. En jouant avec un minimum d’exploration, il faut plutôt compter autour de quatre grosses heures pour boucler le jeu dans des conditions normales.

La vraie durée dépendra du rapport du joueur au chrono. Ceux qui cherchent seulement une aventure 3D classique risquent de rester sur leur faim. Ceux qui aiment refaire un niveau, améliorer une trajectoire, gagner quelques secondes et viser une meilleure place au classement trouveront une matière plus consistante.

C’est là que Bubsy 4D marque le plus de points. Son aventure principale ressemble presque à une porte d’entrée vers un jeu plus technique, plus nerveux, plus exigeant. Les classements en ligne donnent une raison de relancer les niveaux, et le système de mouvement justifie cette envie d’optimisation.

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Une Pawsome Edition qui sort les griffes

Nous avons joué avec l’édition Switch Pawsome Edition, et l’objet mérite une mention. Le packaging fait plaisir : cartouche présente dans la boîte, manuel imprimé façon ancienne époque, poster double face et petit livret artistique The Art of Bubsy 4D.

Cette édition donne une vraie valeur de collection au jeu. À l’heure où certaines sorties physiques se limitent à une boîte vide ou à une cartouche partielle, avoir un ensemble aussi soigné fait son effet. Pour les amateurs de versions boîte, c’est un bel objet, cohérent avec le retour d’une mascotte historique.

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Points Forts

➤ Bubsy répond vite et se contrôle bien

➤ La composante speedrun donne une vraie seconde lecture

➤ Les mouvements permettent de corriger beaucoup d’erreurs en plein saut

➤ Direction artistique colorée et personnages expressifs

➤ Bande-son jazz/fusion réussie

➤ Édition physique Switch agréable à posséder

➤ Fabraz apporte une vraie culture de la plateforme 3D

Points Faibles

➤ Aventure principale courte

➤ Caméra pénible dans certains passages verticaux

➤ Sauts muraux parfois rendus délicats par la lisibilité

➤ Décors un peu vides par moments

➤ Humour vocal qui peut se répéter

➤ Level design pas toujours aussi fin que le système de mouvement

Verdict

Bubsy 4D réussit là où on ne l’attendait plus vraiment : rendre Bubsy agréable à jouer. Fabraz signe un platformer 3D court, imparfait, mais porté par un personnage nerveux, des mouvements efficaces et une vraie envie de rejouer les niveaux pour améliorer ses temps.

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L’aventure principale manque d’ampleur, la caméra gâche quelques passages précis, et certains décors auraient gagné à être plus denses. Pourtant, le jeu garde une énergie attachante. En mode exploration, Bubsy 4D se boucle vite. En mode speedrun, il devient plus intéressant, plus technique, plus vivant.

Ce retour ne fait pas de Bubsy une nouvelle référence de la plateforme 3D, mais il lui rend une chose essentielle : une crédibilité. Après des années à exister surtout comme une blague de vieux joueur, le lynx roux tient enfin un jeu capable de défendre son retour.