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TEST - Starship Troopers: Ultimate Bug War! Switch 2

La découverte de la démo en février dernier, nous avait laissé sur une bonne impression : un FPS à l'ancienne respectueux de la licence, sans prétention excessive. La version complète confirme-t-elle ces premières sensations ?

Hangar 18, couloir B, bienvenue chez FedDev

Le jeu s'ouvre sur une scène en prise de vue réelle dans laquelle Casper Van Dien, le vrai, en uniforme de général, vous remercie d'avoir acheté Ultimate Bug War. Sauf qu'il ne s'adresse pas à vous, joueur de 2026 posé devant son écran. Il parle à un enfant de l'univers de Starship Troopers, car ce jeu est un objet de propagande in-universe : une production de FedDev, studio étatique fictif de la Confédération, conçue pour recruter la prochaine génération de soldats citoyens. C'est malin, c'est fidèle à l'esprit de Verhoeven, et ça installe immédiatement le bon registre.

Entre chaque mission, Rico revient à l'écran pour commenter vos exploits, vous féliciter, vous motiver et vous vendre du rêve militaire avec un sourire désarmant. Ces séquences FMV sont un vrai plaisir : bien jouées, dans le ton, elles rappellent exactement pourquoi la licence Starship Troopers reste aussi efficace trente ans après le film. Le jeu s'assume comme une grosse campagne publicitaire pour la Confédération, et c'est un réussite complète.

La structure, elle, est simple et efficace : un hangar fait office de hub, depuis lequel on accède à toutes les missions humaines. Huit niveaux en tout, jouables dans l'ordre de son choix, chacun réglable en difficulté avant le lancement. En parrallèle on pourra incarner un insecte dans une campagne dédiée. Rien de révolutionnaire dans les fondamentaux, mais dans la pratique, ça fonctionne bien.


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Du PS2 dans les veines, du Nintendo 64 sur les murs

On l'avait déjà évoqué dans notre preview : Ultimate Bug War assume un style graphique rétro très marqué, quelque part entre l'ère PS2 et une certaine idée de la PS3 basse définition. Les arachnides et les environnements sont modélisés en 3D, les soldats alliés sont eux en sprites 2D pixélisés, un choix esthétique volontaire qui permet d'afficher un grand nombre d'unités à l'écran sans faire fondre les processeurs. Ce n'est pas désagréable, et on s'y fait très vite.

Là où ça coince légèrement, c'est du côté des textures environnementales. Certaines surfaces évoquent davantage la Nintendo 64 que la PS2, un peu brutes, parfois floues, mais le style graphique global les absorbe suffisamment pour que ça ne devienne jamais vraiment gênant. Sur Switch 2, le rendu s'en sort très honnêtement : framerate stable, aucun ralentissement notable même dans les phases les plus chargées, temps de chargement rapides, et aucune différence significative entre le mode docké et le mode portable. La portabilité ne coûte rien ici.

L'univers en kit : tout y est, et c'est déjà beaucoup

Le plaisir coupable d'Ultimate Bug War, est de retrouver toute la ménagerie arachnide telle qu'on l'a connue dans les films. Le Warrior Bug classique, le Tanker qui crache du feu, les Hopper Bugs qui fondent depuis les airs, les bugs à acide, et bien sûr les ennemis plus massifs qui nécessitent une approche différente, impossible de les descendre à coups de fusil d'assaut, il faut chercher leurs faiblesses ou sortir l'artillerie lourde. Pour les fans de l'univers, c'est un vrai bonheur de parcourir Zegema Beach ou Klendathu en reconnaissant les bestioles que l'on croisait à l'écran dans les années 90. Le jeu offre à ceux qui connaissent un peu la licence une expérience presque affectueuse.

Les environnements, eux, sont dans l'ensemble bien distincts les uns des autres. La majorité du temps, on évolue dans des décors rocheux et ouverts, mais quelques niveaux tirent leur épingle du jeu, Zegema Beach et un cityscape en ruines notamment, qui apportent une véritable identité visuelle par rapport au reste.

Pew pew, mais sans débordement

C'est sans doute le point sur lequel on attendait le plus jeu, et là, force est de l'admettre : on est un peu sur sa faim. Jouer dans l'univers de Starship Troopers, c'est s'attendre à être submergé par des hordes d'arachnides qui surgissent de partout, des vagues qui se comptent par centaines comme dans les films. La réalité du jeu est plus modeste : même au niveau de difficulté le plus élevé, on croisera rarement plus d'une dizaine d'ennemis simultanément à l'écran.

La comparaison avec Toxic Commando, récemment noté 7.5/10 dans nos colonnes, est inévitable. Saber Studio avait démontré qu'il était tout à fait possible d'animer des hordes massives avec des graphismes bien plus poussés. Ici, le choix de limiter le nombre d'ennemis semble davantage conditionné par la stabilité du framerate que par une intention de game design. Ce n'est pas rédhibitoire, le jeu reste fluide et lisible en toutes circonstances, mais c'est un manque qui se fait sentir, surtout dans les premiers niveaux.

Ce qui change véritablement d'un niveau de difficulté à l'autre, c'est moins le nombre d'ennemis que leur résistance aux dégâts. On passe de monstres qui tombent en 3 tirs à de véritables sacs à PV qui absorbent un demi chargeur sans sourciller. C'est une manière acceptable de graduer le challenge, mais elle manque un peu d'élégance.

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Une trousse à outils bien garnie

L'arsenal est en revanche généreux et satisfaisant à utiliser. Une trentaine d'armes environ, des cartouches limitées qui obligent à alterner et à s'adapter, et surtout un feedback sonore vraiment réussi, le shotgun sonne comme il faut, le lance-roquettes nucléaires provoque un quasi-whiteout d'écran aussi jouissif qu'absurde. On peut également faire larguer des cargaisons depuis les airs : vie, munitions, nouvelles armes, avec ces zones rouges au sol qui vous invitent énergiquement à dégager avant l'impact.

Parmi les moments les plus défouloirs du jeu, les séquences en mech tiennent une belle place. Ces petits robots pilotables, armés d'une mitrailleuse d'un côté et d'une tronçonneuse de l'autre, tournent à l'essence, et quand le réservoir est à sec, ils s'autodétruisent. Ce qui, dans la pratique, se transforme très vite en arme offensive supplémentaire dont on apprend à gérer le timing avec un plaisir coupable. On peut aussi prendre le contrôle d'un hélicoptère de soutien pour nettoyer la zone depuis les airs, ou appeler des frappes de bombardement sur de larges surfaces. Ces options de soutien restent toutefois sous-exploitées : le jeu ne les met pas assez en avant, et il est très facile de passer une mission entière sans y penser.

Du côté de la ruche

Chaque mission humaine complétée débloque une mission Bug correspondante. On y incarne cette fois un Assassin Bug à la troisième personne, un changement de perspective bienvenu qui offre un regard inédit sur les champs de bataille qu'on vient de traverser en tant que soldat. L'insecte peut se transformer en plusieurs formes selon les besoins : déployer ses ailes pour prendre de la hauteur et fondre sur une cible, attaquer au corps à corps avec ses pattes ou sa queue, ou charger une attaque spéciale.

Ce mode n'est clairement pas le cœur du jeu, et ses missions restent courtes et relativement légères sur le plan du gameplay. Mais il a le mérite d'exister, de proposer une vraie variation d'expérience, et de contribuer à allonger une durée de vie qui en a besoin. À considérer comme un bonus appréciable plutôt que comme une seconde campagne à part entière.

Service garanti, mais service minimum

Sur la durée de vie, Ultimate Bug War s'en sort honorablement. En difficulté normale, on bouclera la campagne en moins de huit heures. Mais si l'on choisit de jouer en difficulté 3, ce qu'on recommande vraiment pour quiconque a un minimum d'habitude du genre, on ajoutera facilement quelques heures supplémentaires. Le conseil : ne pas commencer en facile. Le jeu a besoin d'une certaine pression pour révéler ce qu'il a de meilleur.

L'absence de mode online reste en revanche un manque réel. L'idée de dégommer de l'arachnide en coopération avec d'autres joueurs aurait été une évidence dans cet univers, et son absence se fait sentir une fois la campagne terminée. Il n'y a pas grand-chose qui invite vraiment à revenir, au-delà de relancer les niveaux en difficulté supérieure.

Du côté de la bande-son, les doublages sont convaincants dans les scènes FMV comme dans les dialogues en mission. La musique, en revanche, reste discrète, trop discrète. Elle joue essentiellement un rôle d'ambiance sans jamais vraiment monter en puissance ni laisser de thème marquant. Pour un jeu qui mise autant sur l'énergie et la démesure, c'est une petite déception.

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Le seul bon bug est un bug mort... et encore

Quelques bugs de collision viennent ponctuellement briser l'immersion, notamment en fin de campagne lors d'un affrontement contre des Assassin Bugs qui se retrouvent bloqués dès qu'on prend un peu de hauteur sur le terrain, alors qu'ils sont normalement capables de sauter. Ces incidents sont rares, mais ils surviennent à des moments suffisamment importants pour qu'on les remarque.

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Points forts

➤ Une ambiance Starship Troopers très réussie
➤ Johnny Rico et les séquences en FMV apportent un vrai plus
➤ Un gunplay solide et un arsenal généreux
➤ Une version Switch 2 stable et agréable à jouer
➤ Un tarif cohérent au vu du contenu

Points faibles

➤ Des hordes trop sages pour l’univers
➤ Une difficulté qui gonfle surtout la résistance des ennemis
➤ Une structure qui finit par se répéter
➤ Pas de mode en ligne
➤ Une réalisation rétro qui pourra diviser

Verdict

Starship Troopers: Ultimate Bug War fait ce qu'il promet : un FPS rétro, bruyant, défouloir, fidèle à l'univers, avec des références qui font plaisir aux fans et une mise en scène qui comprend vraiment pourquoi le film de Verhoeven est culte. Auroch Digital signe là un jeu honnête, bien construit dans ses fondations, et vendu à un prix qui ne fait pas mal.

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Mais comparé à Toxic Commando, qui proposait une réalisation plus léchée, des hordes autrement plus imposantes et un mode coopératif en ligne, Ultimate Bug War accuse le coup. Les hordes trop contenues, l'absence de multijoueur, une bande-son trop effacée et des objectifs qui ne surprennent jamais vraiment finissent par plafonner l'expérience. C'est un bon jeu pour qui connaît la licence ou aime les boomer shooters sans chichis. Ce n'est pas encore le grand Starship Troopers vidéoludique qu'on espère depuis trente ans, mais il s'en rapproche efficacement !.

Starship Troopers: Ultimate Bug War!

Starship Troopers: Ultimate Bug War!

Dev Auroch Digital
Éditeur Dotemu
Sortie Sorti le 16/03/2026
Plateforme PC-Windows
Genre FPS

Entrez dans l'univers de Starship Troopers et rejoignez l'infanterie mobile dans une simulation de guerre ultraréaliste ! Découvrez une histoire inédite dans ce FPS rétro bourré d'action. Voulez-...