Apopia est avant tout un point & click narratif. On explore, on parle aux PNJ, on ramasse des objets, on résout des situations pour avancer. La structure est classique et s'appuie sur un carnet de quêtes qui remplit correctement son rôle - même si, à quelques reprises, les objectifs manquent de précision et forcent à tâtonner un peu plus que nécessaire.
Mais ce qui distingue vraiment le jeu de ses pairs, c'est son refus de rester dans un seul registre. Quillo Entertainment a parsemé l'aventure de mini-jeux qui font changer de genre sans prévenir : rythme, baseball, dungeon crawler simplifié, furtivité, et même un passage en mode dating sim franchement bien exécuté, qui parvient à être drôle et fonctionnel en même temps. Ces séquences cassent le rythme de la bonne façon, elles ne durent jamais trop longtemps, elles restent accessibles, et elles servent toujours la narration plutôt que de n'être que des distractions.
L'échec n'est pas punitif : une séquence ratée relance immédiatement, sans pénalité. C'est un choix cohérent avec le ton du jeu, qui préfère maintenir le flux narratif plutôt que de tester la patience du joueur.
Il y a cependant quelques aspérités. Le backtracking est trop présent dans certaines sections, notamment dans les zones où il faut aller-retour entre plusieurs PNJ avant de trouver le déclencheur qui fait avancer l'histoire. Les contrôles dans certaines séquences d'action, en particulier une poursuite impliquant Nico et des crochets à attraper, manquent de précision et peuvent provoquer quelques échecs frustrants, surtout au clavier-souris. La manette est recommandée.
Un mini-jeu musical demande également de reproduire une mélodie après l'avoir écoutée - mais le volume de la mélodie originale est trop faible, même à fond, et le passage devient artificiellemment difficile pour une mauvaise raison