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PREVIEW - Cursed Blood (PC / Steam Deck / Legion Go S)

Imaginez si TMNT avait grandi dans un monde Bloodpunk et décidé de devenir des samouraïs mafieux vengeurs…

On avait déjà eu un avant-goût de Cursed Blood lors du Steam Next Fest, et la démo avait su convaincre : gameplay nerveux, univers bloodpunk assumé, boucle roguelike bien huilée... Quelques semaines plus tard, l'accès à la version Early Access complète permet de mesurer le chemin parcouru, et surtout, de confirmer si ce qui promettait sur quelques salles tient la distance sur plusieurs chapitres. La réponse courte : oui, avec quelques nuances à poser.

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Un monde où le sang est une ressource

Cursed Blood ne s'embarrasse pas d'une longue introduction. On est des singes samouraïs, il y a des ennemis devant nous, et une mission de vengeance pour fil conducteur. L'univers bloodpunk dans lequel tout ça se déroule est suffisamment singulier pour retenir l'attention : une temporalité floue quelque part entre un XIXe siècle industriel et un futur proche déglingué, où le sang maudit circule dans des canalisations, alimente des machines et s'accumule dans des reliques que des parrains du crime cherchent à contrôler. Les ennemis sont des animaux anthropomorphes: rats, morses, rongeurs en tout genre, qui parlent avec des accents de rue et des manières de truands. C'est grand-guignolesque, assumé, et cette cohérence interne un peu absurde fonctionne bien mieux qu'on ne l'attendrait.

Le jeu ne prend pas non plus la peine de tout expliquer, et c'est une bonne décision. Le level design fait office de tutoriel, les mécaniques s'acquièrent naturellement au fil des salles, et l'envie d'avancer se construit par l'action plutôt que par la narration. Pour une proposition aussi arcade dans l'âme, c'est exactement le bon équilibre.

Du cell shading et des tripes

Visuellement, Cursed Blood opte pour une vue isométrique en 3D intégrale, avec un rendu cell shading qui donne aux personnages et aux ennemis un aspect expressif et tranché. Les environnements sont baignés de palettes chromatiques très marquées, verts toxiques dans les premières zones, orangés industriels dans les entrepôts, bleus nocturnes sous la pluie dans le métro, et chaque biome possède une vraie atmosphère qui lui est propre. Les niveaux ont une verticalité appréciable : on grimpe sur des containers, on traverse des passerelles, on longe des rails, sans jamais perdre le fil de l'action.

La lisibilité est globalement bonne, même si les affrontements les plus chargés peuvent devenir franchement chaotiques entre les gerbes de sang, les démembrements et les animations multiples. Le jeu ne fait aucun compromis sur son ton graphique, et la violence omniprésente est en quelque sorte adoucie par le character design animal, et la distance de la caméra qui, malheureusement, ne permet pas toujours d'apprécier le travail réalisé sur les animations de démembrements des modèles 3D, ce qui ne l'empêche pas d'être bien présente à l'écran.

La bande son mérite qu'on s'y attarde. Tribale, très percussive, elle n'envahit pas l'espace mais installe un tempo physique qui épouse parfaitement le rythme du jeu. Elle pousse à attaquer, à se déplacer, à rester dans un état de tension continue, sans jamais agresser l'oreille. Ce n'est pas une musique d'ambiance passe-partout : elle a une identité propre, et elle contribue à l'immersion autant que les visuels.

Frapper vite, frapper juste

Le gameplay repose sur une base resserrée : une attaque principale au katana, une attaque chargée, un dash pour esquiver et se replacer, une course et des combos qui s'enchaînent naturellement. Le jeu encourage une approche agressive mais réfléchie, qui pousse à exploiter chaque angle de l'arène plutôt qu'à foncer tête baissée.

Les ennemis se lisent bien. Les petits rongeurs frêles cèdent en deux coups, tandis que les gros bras à tuyau de plomb annoncent leurs attaques via quelques frames d'avertissement qui délimitent leur zone d'effet, une demi-seconde pour réagir, bloquer ou esquiver avant de riposter. Ce petit détail, discret mais précis, dit beaucoup sur le soin apporté au combat. S'approcher discrètement d'un ennemi pour l'exécuter dans le dos reste toujours la meilleure option quand elle est disponible : l'assassinat silencieux restaure de la vie, et dans un jeu où la santé se fait rare, chaque point compte.

Les builds se construisent au fil des runs via des autels, des puits et des obélisques qui proposent des améliorations en tout genre, vitesse d'attaque, puissance de dégâts, effets de saignement sur les ennemis, bonus aux armes à feu. Les armes elles-mêmes se débloquent progressivement, et chaque personnage offre un point de départ différent qui oriente naturellement vers certains styles de jeu. La différenciation entre les quatre singes samouraïs se creuse surtout avec le temps et les déblocages, ce qui donne à l'ensemble une vraie profondeur sur la durée.

Le dilemme de l'autel

Le système de malédictions est probablement le pari de design le plus singulier du jeu. Certains autels vous proposent un bonus en échange d'un malus imposé : plus de vitesse d'attaque contre moins de vie, des dégâts augmentés contre une mobilité réduite. Le jeu vous offre quelque chose d'une main et vous reprend quelque chose de l'autre, et vous laisse décider si l'échange vaut le coup.

C'est rare dans le genre. La plupart des roguelikes accumulent les bonus jusqu'à l'ivresse du build parfait. Ici, chaque arrêt devant un autel génère un vrai dilemme. Jusqu'où suis-je prêt à m'handicaper pour gagner en puissance ? Est-ce que ce bonus compense vraiment ce malus face au boss qui m'attend ? Ce va-et-vient entre gain et sacrifice donne à chaque run une texture différente et oblige à une vraie lucidité sur son propre style de jeu. C'est un choix courageux, pas universellement confortable, certains joueurs trouveront ça stimulant, d'autres vivront les malédictions comme une friction permanente. Mais il faut lui reconnaître une chose : il crée des moments de décision qu'on ne voit pas souvent dans ce type de jeu.

Seul ou à quatre, ce n'est pas le même jeu

Cursed Blood est jouable en solo, et honnêtement, il l'est correctemenT. Les premières zones se traversent sans trop souffrir, mais le jeu a clairement été pensé pour quatre joueurs, et ça se ressent dès qu'on arrive aux boss. Ces derniers sont construits en plusieurs phases, avec des renforts, des patterns exigeants et des fenêtres d'attaque serrées qui sanctionnent rapidement un build trop monolithique ou un positionnement approximatif. En solo, le moindre écart se paye cash. En co-op, la pression se redistribue, les rôles émergent naturellement, et ces affrontements deviennent de vraies séquences à gérer collectivement. Pour les joueurs moyens qui aborderaient le titre seuls, le mur de difficulté des boss pourrait refroidir avant que la progression n'ait eu le temps de faire son travail.

Le jeu supporte le co-op en ligne, en local, et en mode mixte, ce qui ouvre des configurations assez souples selon les situations. Sur PC comme sur Steam Deck et Legion Go S, les deux plateformes portables sur lesquelles cette preview a été réalisée, les performances sont irréprochables. Les soucis de compatibilité relevés lors de la démo appartiennent au passé : aucun ralentissement, aucun bug constaté, une fluidité constante même dans les phases les plus chargées. C'est une évolution notable, et un point rassurant pour les joueurs qui comptaient embarquer le titre en nomade.

Ce qui reste à confirmer

La version Early Access du 2 avril arrive avec un contenu solide : deux biomes bien distincts, cinq modes de jeu, un arsenal déjà varié et une boucle principale complète. Il manque encore le biome final, le boss de fin et le dénouement de l'histoire, des éléments que le studio s'engage à livrer dans les six à douze mois à venir, en s'appuyant sur les retours de la communauté.

La progression vers de nouvelles armes et du nouvel équipement, alimentée par les blood orbs récoltés en combat, demande de la patience. La montée en puissance est réelle et visible d'une run à l'autre, mais elle peut se faire sentir comme un effort long pour qui espère des résultats rapides. C'est sans doute le point de friction le plus tangible de cette version : le jeu donne envie de continuer, mais ne raccourcit pas la route.

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Points forts

➤ Gameplay nerveux, accessible rapidement, avec une vraie profondeur qui se révèle sur la durée
➤ Direction artistique cell shading affirmée, palettes chromatiques distinctes par biome
➤ Bande son tribale et percussive qui colle parfaitement au rythme du jeu
 ➤ Système de malédictions/bonus original, qui crée de vrais dilemmes de build
➤ Co-op jusqu'à 4 joueurs en local, en ligne ou en mode mixte
➤ Boss construits en plusieurs phases, exigeants et marquants
➤ Compatibilité Steam Deck et Legion Go S irréprochable dans cette version
➤ Level design lisible avec une vraie verticalité

Points Faibles

➤ Progression via les blood orbs lente, parfois frustrante pour les joueurs impatients
➤ Difficulté des boss potentiellement rédhibitoire pour les joueurs moyens en solo
➤ Quelques zones de confusion visuelle dans les affrontements très chargés
➤ Biome final et boss de fin absents au lancement
➤ Le système de malédictions imposées risque de ne pas plaire à tout le monde

Verdict

Cursed Blood ne réinvente pas le genre, mais il l'habite avec une vraie personnalité. Son univers décalé, son combat nerveux, son esthétique cell shading affirmée et sa bande son percussive forment un ensemble cohérent qui accroche dès les premières minutes et tient sur la durée. Le système de malédictions imposées en contrepartie des bonus est son pari le plus singulier ,clivant, mais suffisamment original pour mériter l'attention. L'Early Access laisse encore des zones d'ombre sur la durée de vie et l'ambition narrative, mais la fondation est solide. Et en co-op, elle commence à ressembler à quelque chose d'assez excitant.

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Cursed Blood

Cursed Blood

Dev David Marquardt Studios
Éditeur David Marquardt Studios
Sortie Sortie dans 14 jour(s)
Plateforme PC-Windows
Genre roguelike

Cursed Blood est un roguelike brutal en coop de 1 à 4 joueurs. Incarnez des singes samouraïs assoiffés de vengeance dans un mélange explosif d'infiltration et d'action. Faites couler le sang, tran...