Derrière son habillage dark medieval fantasy, le jeu d’Unfinished Pixel met surtout en avant une boucle roguelite où l’échec n’est pas juste un “restart”, mais un nouveau chapitre dans une longue descente aux enfers. Le pitch parle d’un monde rongé par la corruption, d’un cristal vivant à escorter, et d’une menace démoniaque à faire tomber avant qu’il ne reste plus rien à sauver. Ambitieux, un peu grandiloquent, mais cohérent avec l’intention : faire sentir la pression d’un périple qui ne pardonne pas.
Blightstone entrera en accès anticipé sur Steam le 20 janvier 2026. Le prix annoncé est de 12,99 € , avec une réduction de 20% pendant les deux premières semaines. Une démo est déjà disponible pour prendre la température, ce qui n’est pas un luxe vu le positionnement “exigeant” revendiqué par le studio.
Le jeu tente une approche différente des combats: on reste sur un tour par tour, mais sans la rigidité d’un damier. Le placement se joue au mètre près, l’angle d’attaque compte, les abris du décordeviennent un vrai langage, et les ennemis profitent des mêmes libertés. Résultat : on ne calcule pas seulement des portées et des pourcentages, on lit aussi le terrain comme une carte vivante, avec cette sensation que l’avantage ne tient parfois qu’à une case… qui n’existe pas.
Le décor, justement, n’est pas une simple couche de peinture. Blightstone insiste sur des interactions de terrain pensées pour créer des opportunités, mais aussi des problèmes à gérer. La végétation peut servir à se dissimuler, puis partir en fumée si tu choisis de la brûler pour empêcher l’adversaire d’en tirer profit. L’eau devient un amplificateur pour certains types d’attaques, notamment électriques, ce qui encourage à attirer, regrouper, piéger. Le jeu promet aussi des éléments “volatils” capables de reconfigurer une rencontre, ce qui colle bien à l’ADN roguelite : tu improvises autant que tu exécutes.
La météo vient ajouter une couche de lecture. Un brouillard peut réduire la visibilité et compliquer l’anticipation. La pluie renforce certaines interactions élémentaires, tout en modifiant la façon d’aborder une escarmouche. Le vent, lui, joue sur la précision, ce qui force à revoir sa copie quand on compte sur les profils à distance. Ce ne sont pas des gadgets si c’est bien calibré : dans un tour par tour, tout ce qui change le rythme ou les priorités devient un outil de tension.
Côté progression, Blightstone s’appuie sur une équipe à composer et à faire évoluer au fil des runs. Unfinished Pixel met en avant plusieurs archétypes (Brawler, Hunter, Arcanist, Druid, Priest), avec l’idée de construire des synergies à partir d’un large pool de compétences actives et passives, y compris pour le cristal lui-même. Le studio parle de combos lourds, de contrôle via des compétences de grappin, de zones d’effet, et d’un jeu de statuts qui peut retourner une situation. On retrouve l’arsenal classique du genre — saignement, poison, entrave, étourdissement, brûlure — mais l’intérêt sera dans la manière dont ces conditions s’entremêlent avec le terrain et la météo, plutôt que dans leur simple présence.
Le fil rouge narratif sert de cadre à cette boucle. Le joueur doit protéger l’Earthglass Crystal et l’amener jusqu’à l’Infernal Rift. Au bout, un démon nommé Korghul, et l’idée de briser la Blightstone pour stopper la corruption. Dit comme ça, c’est très “fantasy de fin du monde”, mais l’important est ailleurs : donner une direction claire à des runs qui, sinon, pourraient se réduire à une suite d’affrontements. Le jeu se vend aussi sur une structure “tordue par le temps”, où la répétition fait partie de l’univers et pas seulement du gameplay, même si l’accès anticipé dira vite si cette promesse se traduit en systèmes concrets ou en simple emballage.
Reste l’inconnue habituelle : contenu, variété, équilibrage. Blightstone arrive avec de bonnes intentions et une démo pour prouver qu’il ne se contente pas d’un pitch. Si l’environnement et la météo ont un vrai poids, et si la liberté de placement tient ses promesses sans virer au chaos illisible, le jeu peut se tailler une place dans un créneau déjà chargé. On verra surtout, dès les premières semaines, si l’exigence annoncée vient d’un design fin et lisible… ou d’un tuning brutal.
À propos du studio
Unfinished Pixel est un studio indépendant basé à Barcelone, composé de développeurs ayant travaillé sur des productions Ubisoft. Blightstone est leur première IP originale, un projet qui mise sur une direction artistique 2D “fait main” et une approche tactique centrée sur le placement libre, les interactions de terrain et la progression roguelite.