Starfinder: Afterlight - Six mois plus tard, le voyage commence enfin
La nouvelle démo de Starfinder: Afterlight dévoile enfin le véritable début de l'aventure et montre les progrès réalisés depuis notre premier essai.
Nous avions découvert Starfinder: Afterlight en mars dernier à travers un playtest qui nous déposait directement sur Hivemarket. Six mois plus tard, Epictellers revient avec une démo publique autrement plus intéressante pour juger son RPG. Cette fois, l'aventure commence réellement par son prologue avant de nous laisser découvrir les premières étapes de l'Acte I.
La différence compte beaucoup. Starfinder: Afterlight peut enfin installer ses personnages, son contexte et cet univers de science-fantasy hérité du jeu de rôle de Paizo avant de nous demander d'en maîtriser les règles. Après notre première preview, cette nouvelle rencontre donne surtout l'impression d'un projet qui a gagné en cohérence.
Un départ qui manquait à notre première rencontre
Les premières minutes prennent place à bord d'un vaisseau attaqué. Une courte introduction cinématique pose la situation avant de nous laisser explorer les lieux, retrouver les survivants et chercher un moyen de quitter le bâtiment. Cette entrée en matière donne immédiatement davantage de contexte aux événements que nous avions découverts presque sans préparation lors du précédent playtest.
Le rythme reste volontairement posé. Discussions, exploration et premières interactions occupent une place importante avant que les combats prennent véritablement le relais. Kole, Preach et Sterling commencent également à prendre leur place dans l'aventure, avec des dialogues qui permettent déjà de cerner leurs personnalités et les relations qui pourraient se construire au sein du groupe.
De la science-fiction avec des dés derrière le rideau
Starfinder: Afterlight adapte les règles de Starfinder seconde édition, elles-mêmes issues de la famille Pathfinder. Sous son habillage de RPG spatial se cache donc un système où caractéristiques, compétences, jets de dés et probabilités accompagnent constamment les décisions du joueur.
Les combats au tour par tour utilisent un système de trois actions. Se déplacer, attaquer ou employer certaines capacités vient puiser dans cette réserve, laissant une liberté appréciable dans la manière d'organiser un tour. Une même unité peut ainsi combiner déplacement et attaque ou consacrer davantage d'actions à une offensive selon la situation.
Cette souplesse devient rapidement l'une des qualités du système. Le positionnement, les compétences des compagnons et les probabilités de réussite demandent davantage d'attention à mesure que les affrontements se développent. Les quatre difficultés désormais proposées, de Story à Unfair, permettent aussi d'adapter assez largement l'exigence de ces rencontres.
Le hasard reste évidemment présent. L'option Karmic Dice cherche toutefois à limiter les séries particulièrement malheureuses et devrait rassurer ceux qui supportent difficilement de voir plusieurs bonnes stratégies ruinées par une succession de jets catastrophiques.
Un univers qui trouve progressivement son visage
La direction artistique reste l'un des éléments les plus séduisants de Starfinder: Afterlight. Les portraits 2D possèdent beaucoup de personnalité et participent largement à l'identité des différents protagonistes. Les environnements 3D sont plus modestes, mais l'ensemble traduit correctement ce mélange particulier de technologie, d'espèces extraterrestres et de références plus traditionnelles au jeu de rôle.
Le contraste reste visible entre ces illustrations très travaillées et des personnages 3D nettement plus rigides. Les animations manquent encore de naturel, notamment pendant certaines conversations et durant les affrontements. La mise en scène a progressé depuis notre précédente rencontre, mais elle reste l'un des secteurs où le statut encore très provisoire du jeu se remarque facilement.
Les doublages apportent heureusement beaucoup aux échanges. Ils accompagnent une écriture qui prend le temps de présenter cet univers sans transformer chaque conversation en encyclopédie. Pour un jeu tiré d'une licence aussi dense que Starfinder, parvenir à donner suffisamment d'informations sans perdre immédiatement le nouveau venu est déjà important.
Plus accueillant sans être encore limpide
Cette richesse constitue également l'une des difficultés de la démo. Même en prenant son temps, Starfinder: Afterlight manipule beaucoup de règles, de statistiques et de termes propres au jeu de rôle. Les explications existent, mais elles n'empêchent pas certains mécanismes de demander quelques essais avant d'être réellement assimilés.
L'interface a néanmoins progressé depuis le playtest de mars. Les informations importantes sont mieux présentées et la lecture générale des combats devient plus naturelle après quelques rencontres. Les habitués de Pathfinder devraient rapidement retrouver leurs marques, tandis que les nouveaux venus devront accepter une période d'apprentissage un peu plus longue.
Cette démo ne propose "toujours pas" l'intégralité des systèmes prévus pour le jeu. La création de personnage, la montée de niveau et certaines composantes de progression restent notamment absentes. Trois personnages prédéfinis permettent donc d'expérimenter différentes approches sans encore pouvoir mesurer toute la liberté que devrait offrir le RPG complet.
Une technique encore en chantier
Les progrès réalisés en six mois sont visibles, mais la technique rappelle régulièrement que Starfinder: Afterlight est encore en développement. Les animations restent raides et quelques transitions manquent de finition. Certains éléments de mise en scène et différentes interactions portent également les traces d'un jeu encore loin de sa version définitive.
Les performances demandent elles aussi du travail. La complexité visuelle affichée à l'écran ne semble pas toujours justifier les variations observées et l'optimisation devra continuer à progresser. Epictellers indique d'ailleurs que plusieurs animations, modèles, bruitages et éléments cinématiques de cette démo sont encore provisoires ou incomplets.
Il serait donc prématuré de juger définitivement sa réalisation. Cette nouvelle version permet surtout de constater le chemin parcouru depuis mars tout en identifiant assez facilement les secteurs qui réclament encore plusieurs mois de travail.
Une bien meilleure carte de visite
Cette seconde rencontre nous permet surtout de comprendre ce que Starfinder: Afterlight essaie de construire. Le précédent playtest possédait déjà un système de combat intéressant et un univers séduisant, mais son démarrage en plein milieu de l'action donnait parfois l'impression d'observer plusieurs mécaniques sorties de leur contexte.
Le prologue change sensiblement cette perception. Les personnages existent avant de devenir des statistiques dans notre groupe, l'univers dispose enfin du temps nécessaire pour poser quelques repères et les premiers combats arrivent avec davantage de naturel. La structure reste assez linéaire durant cette portion, mais elle permet au moins à l'aventure de trouver un rythme et une identité.
Avant sortie
Impression a chaud
Starfinder: Afterlight conserve plusieurs faiblesses visibles. Ses animations restent en retrait, sa réalisation 3D manque parfois de caractère face à ses superbes illustrations et son système de règles pourrait encore mieux accompagner les joueurs qui découvrent Starfinder. La technique réclame également une sérieuse passe d'optimisation.
Six mois après notre premier contact, le bilan reste pourtant encourageant. Epictellers a considérablement amélioré la présentation de son RPG et cette nouvelle démo permet enfin à sa narration de soutenir les mécaniques que nous avions découvertes en mars. Les combats tactiques possèdent de bonnes bases, les compagnons commencent à donner du relief au voyage et l'univers de Paizo fournit un terrain particulièrement fertile pour la suite.
Starfinder: Afterlight n'a pas encore toutes les réponses, mais cette fois, nous avons enfin pu assister au véritable début de son voyage. Et il donne nettement plus envie de rester à bord.
A propos du studio
Epictellers Entertainment est un studio indépendant installé à Barcelone. L'équipe développe Starfinder: Afterlight sous licence officielle Paizo, avec l'ambition d'adapter l'univers et les règles de Starfinder dans un RPG narratif et tactique sur PC.