Preview - Deserter - Steam Deck / Legion Go S

Un univers distopique pour un RPG atypique qui trouve son aise sur Steam Deck et Legion Go S

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Il y a une brutalité dans la façon dont Deserter s'ouvre. Pas de tutoriel édulcoré, pas de mise en bouche rassurante : on est immédiatement plongé dans la peau de John Holden, soldat en plein conflit armé qui comprend, à un moment précis, qu'il n'est pas fait pour tuer. Ce refus suffit à faire de lui un déserteur aux yeux du Parti. Et dans ce monde-là, déserter, c'est une condamnation à mort. À peine le temps de prendre la mesure de la situation, et John est en fuite. C'est sur cette échappée que s'ouvre la démo d'AskaLot Games, et l'accroche fonctionne.

Le contexte dystopique installé par le studio responsable de Gone Rogue retrouve ici une nouvelle déclinaison : une ville en ruines sous contrôle total d'un régime autoritaire, des rues tenues par des pillards et des contrebandiers, et dans les bas-fonds, littéralement, puisqu'on parle des égouts, une poignée de laissés-pour-compte qui survivent comme ils peuvent. La peste ravage les quartiers pauvres. Les bureaucrates occupent les bureaux. Le reste du monde rêve de liberté à voix basse. AskaLot n'invente pas la dystopie, mais l'habite avec suffisamment de conviction pour qu'on ait envie d'y rester.

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Vivre dans les égouts, sortir pour survivre

John ne tarde pas à trouver refuge auprès de Morris, qui l'emmène dans les profondeurs de la ville. Ce repaire souterrain devient rapidement le QG entre deux opérations. Et des opérations, il va en falloir. Nourriture, médicaments, matériel pour alimenter le feu : les sorties en surface ne sont pas facultatives. Elles sont une nécessité vitale, et cette pression permanente donne immédiatement du sens à chaque escapade nocturne.

La boucle s'organise autour de ces allers-retours. On sort, on explore, on récupère ce dont on a besoin, on rentre. En chemin, des rencontres enrichissent le tableau : lors de notre deuxième sortie, c'est l'épouse de John, devenue infirmière sur le front, qui croise notre route. Elle réalise qu'il a déserté, et que son état de santé se dégrade dangereusement. Une mission s'enclenche alors : s'infiltrer dans la maison d'un chirurgien du quartier pour dénicher le médicament qui pourrait ralentir la maladie. Simple en apparence, mais redoutable à exécuter.

Une micro-économie vient compléter le tableau : certains objets récupérés peuvent être revendus auprès d'un marchand dédié, ce qui incite à fouiller soigneusement chaque recoin visité. L'inventaire, limité en cases à la manière d'un Resident Evil, oblige à faire des choix. Rien de révolutionnaire, mais ça remplit son rôle sans alourdir l'expérience.

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L'infiltration comme seul langage

Deserter est un jeu de stealth pur. John ne frappe pas, ne tire pas, ne tue pas. Cette contrainte narrative est aussi une contrainte de gameplay, et elle donne au jeu une identité tranchée. Pas de solution de facilité, pas de repli vers le combat si les choses tournent mal. Il faut observer, patienter, choisir le bon moment.

L'arsenal disponible reflète cette philosophie : crochets, pieds-de-biche, grappins, dynamite pour créer des diversions. On peut coller aux ombres, emprunter des passages alternatifs, générer du bruit pour détourner l'attention des gardes. Le tout dans une vue isométrique qui offre une bonne lisibilité des cônes de vision et des déplacements ennemis.

L'IA se comporte de manière satisfaisante en phase d'infiltration : elle réagit aux bruits de serrures forcées, aux débris écrasés sous les pas, aux faux mouvements. En revanche, dès qu'une poursuite s'enclenche et s'éternise, quelques limites apparaissent, les ennemis perdent un peu de leur mordant à mesure que le temps s'allonge. Rien de rédhibitoire à ce stade, mais un point à surveiller dans la version finale.

Un bouton d'accélération du temps permet de patienter sans s'endormir lors d'alertes qui durent. C'est une petite attention qui dit beaucoup sur la conscience qu'a le studio du profil de son public : Deserter s'adresse à ceux qui veulent de la tension, pas de la frustration gratuite.

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Une technique à surveiller sur PC portable

La direction artistique fait le travail : décors détaillés, ambiance sombre et cohérente, une palette de couleurs qui colle à l'univers sans tomber dans le monochrome de façade. Le résultat est visuellement crédible et suffisamment soigné pour qu'on apprécie de se promener dans ces rues dévastées.

Là où ça se complique, c'est du côté des performances sur PC portables. Sur Steam Deck comme sur Legion Go S, le début de la démo tourne sans problème. Mais dès la première sortie en surface, au moment où la ville ouverte s'affiche, les FPS plongent significativement, passant de 60 images stables à un 30-40 fps irrégulier qui rend l'expérience inconfortable. Réduire la résolution atténue le problème, mais l'optimisation pour ces plateformes reste visiblement un chantier. À prendre en compte si vous comptez jouer en nomade.

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Ce que la démo promet, et ce qu'elle ne dit pas encore

Deserter n'est pas seulement une démo au sens classique du terme. Elle vient compléter un prologue sorti fin 2025, déjà disponible sur Steam, qui posait les premières bases de l'univers et des mécaniques. Ensemble, ces deux morceaux offrent une vision assez précise de ce que prépare AskaLot, et ce qu'on voit est encourageant.

Le système RPG annoncé pour le jeu complet, près d'une centaine de compétences réparties sur huit voies de développement, n'est pas encore pleinement accessible dans la démo. On en entrevoit les contours, mais pas l'étendue. C'est là que se jouera une part importante de la durée de vie et de la rejouabilité de la version finale. La promesse d'une histoire non-linéaire avec des fins multiples reste aussi à confirmer dans la durée.

Ce qui frappe déjà, c'est la cohérence du projet. Deserter ne cherche pas à plaire à tout le monde. Il assume son rythme, sa violence narrative, son refus de toute facilité combative. Dans un paysage où le stealth se fait de plus en plus rare, et souvent sacrifié sur l'autel de l'action, c'est une posture qui mérite d'être saluée. Et le fait que son histoire résonne avec des situations bien réelles, des hommes envoyés au front, qui doutent, qui fuient, lui confère une dimension qui dépasse le simple exercice de genre.

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À propos du studio

AskaLot Games est un petit studio indépendant à dimension internationale, sans localisation unique revendiquée. L'équipe s'est fait connaître avec Gone Rogue, RPG stealth tactique sorti en 2023, qui a récolté 88% d'avis positifs sur Steam. Développeur et éditeur de ses propres jeux, le studio mise sur le contrôle créatif total et une communication directe avec sa communauté via Discord et les réseaux sociaux. Deserter s'inscrit dans la continuité de l'univers initié dans Gone Rogue, au sein de la franchise "Gone Rogue Chronicles". Sortie prévue en Q4 2026 sur PC.