Il y a une brutalité dans la façon dont Deserter s'ouvre. Pas de tutoriel édulcoré, pas de mise en bouche rassurante : on est immédiatement plongé dans la peau de John Holden, soldat en plein conflit armé qui comprend, à un moment précis, qu'il n'est pas fait pour tuer. Ce refus suffit à faire de lui un déserteur aux yeux du Parti. Et dans ce monde-là, déserter, c'est une condamnation à mort. À peine le temps de prendre la mesure de la situation, et John est en fuite. C'est sur cette échappée que s'ouvre la démo d'AskaLot Games, et l'accroche fonctionne.
Le contexte dystopique installé par le studio responsable de Gone Rogue retrouve ici une nouvelle déclinaison : une ville en ruines sous contrôle total d'un régime autoritaire, des rues tenues par des pillards et des contrebandiers, et dans les bas-fonds, littéralement, puisqu'on parle des égouts, une poignée de laissés-pour-compte qui survivent comme ils peuvent. La peste ravage les quartiers pauvres. Les bureaucrates occupent les bureaux. Le reste du monde rêve de liberté à voix basse. AskaLot n'invente pas la dystopie, mais l'habite avec suffisamment de conviction pour qu'on ait envie d'y rester.