Monster Park Tycoon – Preview : bienvenue, vous êtes embauché de force !

Un parc à monstres, une secte clandestine et des visiteurs recrutés contre leur gré. Monster Park Tycoon nous a réservé quarante minutes de gestion délicieusement douteuse.

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Nous avions commencé notre journée en installant un zombie dans son enclos. Quarante minutes plus tard, nous avions construit une église, une prison et des toilettes piégées pour recruter notre personnel. Dans Monster Park Tycoon, les nouveaux employés ne répondent pas à une offre d'emploi : on les enlève, on leur lave le cerveau et on leur confie un poste. Bienvenue dans le management selon OverPowered Team.

Le studio espagnol profite du Steam Next Fest d'octobre pour présenter son étrange jeu de gestion, édité par indie.io. Notre découverte s'est limitée à une quarantaine de minutes, essentiellement consacrées à l'introduction et à l'apprentissage des mécaniques. Suffisant pour comprendre les ambitions du projet, apprécier son humour noir et constater que derrière ses idées saugrenues se cache une formule déjà bien organisée.

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Les portes de l'enfer sont ouvertes

La partie commence dans un parc déjà partiellement aménagé, avec quelques enclos, des allées et plusieurs installations. Le tutoriel nous accompagne dans la construction de nouveaux espaces, l'invocation de créatures et la gestion de leurs besoins. Notre premier pensionnaire, un zombie à la mine peu engageante, réclame notamment de la nourriture et un minimum d'attention. Les visiteurs, eux, viennent admirer les monstres et alimentent les caisses grâce à leurs dons.

La gestion rappelle immédiatement les productions de Two Point, avec une interface familière et des menus permettant de sélectionner bâtiments, décorations et équipements. L'ensemble profite d'une 3D stylisée aux formes arrondies, avec des personnages légèrement caricaturaux et une palette particulièrement colorée. Les arbres roses, les bâtiments gothiques et les enclos aux décors infernaux composent un parc étonnamment accueillant pour un établissement où l'on risque de finir dévoré. L'ambiance est légère, presque bon enfant, ce qui rend les activités clandestines de notre direction encore plus absurdes.

La DRH descend aux enfers

Après quelques minutes consacrées aux monstres, Monster Park Tycoon nous révèle son autre activité : la gestion d'une secte dissimulée derrière les attractions. Nous commençons par construire une église et lui assigner un prêtre, avant d'installer une prison et des toilettes piégées. Le dispositif est d'une efficacité toute relative pour l'hygiène du parc, mais redoutable pour le recrutement : lorsqu'un visiteur entre dans les sanitaires, il peut être capturé et envoyé en cellule.

Il suffit ensuite de construire une machine de lavage de cerveau pour transformer le prisonnier en adepte parfaitement dévoué. Notre nouvelle recrue pourra rejoindre le personnel du parc comme prêtre, nettoyeur ou responsable de l'alimentation des monstres. L'idée fonctionne d'autant mieux qu'elle intervient directement dans la gestion quotidienne. Nous avons particulièrement apprécié cette manière de détourner les habitudes du genre : inutile de consulter des candidatures quand on peut faire disparaître quelques touristes.

La religion occulte possède également sa propre économie, avec des points de foi et des installations réservées aux adeptes. Le parc doit donc fonctionner sur deux tableaux, entre les visiteurs qu'il faut attirer et les activités qu'il vaut mieux leur cacher. Au terme de notre session, nous avions seulement commencé à découvrir cette organisation parallèle, mais le mélange des mécaniques nous a semblé plutôt bien trouvé.

Notre zombie a posé sa démission

Pendant que nous développions notre petite entreprise criminelle, notre premier zombie commençait sérieusement à perdre patience. Nous avions négligé son bien-être, et notre pensionnaire a fini par quitter son enclos pour aller s'en prendre aux visiteurs. Petite déception personnelle : nous espérions assister à une sympathique épidémie transformant les victimes en nouveaux zombies. Notre créature s'est simplement contentée de les tuer.

Cet incident illustre néanmoins l'importance de la surveillance des monstres. Chaque pensionnaire possède ses préférences, notamment en matière de nourriture et d'aménagement, ainsi qu'une jauge de rage qui augmente lorsque ses conditions de vie se dégradent. Il est possible d'intervenir pour le calmer, mais encore faut-il penser à s'en occuper. Les monstres ne sont donc pas de simples attractions décoratives : leur comportement impose déjà quelques responsabilités à notre personnel.

Nous avons rapidement retrouvé des influences familières. Two Point Hospital et Two Point Museum viennent à l'esprit pour la structure de gestion et les expéditions destinées à obtenir de nouvelles invocations. Jurassic World Evolution n'est jamais très loin lorsqu'un pensionnaire décide de franchir sa clôture, tandis que le jeu belge Blood Bar Tycoon partage ce goût pour les établissements respectables en façade, mais nettement moins fréquentables dans leurs sous-sols. OverPowered Team assemble ces inspirations avec suffisamment d'humour pour commencer à tracer sa propre voie.

Le diable est dans les détails

Sur cette première prise en main, la construction et la navigation dans les menus se sont déroulées sans difficulté particulière. Les informations sont accessibles et les habitués des jeux de gestion retrouveront rapidement leurs marques. Nous aurions toutefois apprécié de pouvoir éloigner davantage la caméra. Lorsque les bâtiments et les enclos commencent à se multiplier, une vue plus haute faciliterait la lecture et l'organisation générale du parc.

L'économie nous a également semblé très permissive, les premières constructions n'ayant jamais réellement mis nos finances en difficulté. Il faut cependant rappeler que ces quarante minutes correspondent avant tout à une introduction guidée. Nous avons découvert les principaux outils sans encore devoir composer avec les contraintes d'un établissement développé sur plusieurs heures. Autre précision : notre démo proposait uniquement l'anglais et l'espagnol, même si une traduction française est prévue pour la version définitive.

Avant sortie

Impression a chaud

Ce premier contact nous laisse une impression franchement positive. Monster Park Tycoon possède déjà des mécaniques bien identifiées, une présentation agréable et un humour noir qui fonctionne particulièrement bien avec son système de recrutement. Le tutoriel donne envie de découvrir ce qui se passera lorsqu'il faudra gérer simultanément plusieurs créatures, les finances du parc et les activités clandestines de la secte.

Le jeu demande encore du travail de finition, notamment sur le confort de la caméra, et nous attendons une partie plus libre pour apprécier la profondeur de sa gestion. Mais une chose est acquise : nous sommes curieux de développer notre établissement. Après tout, nos futurs employés attendent peut-être déjà devant les toilettes.

A propos du studio

OverPowered Team est un studio indépendant espagnol composé de cinq développeurs, déjà à l'origine de Godstrike et Block Factory. Avec Monster Park Tycoon, l'équipe explore le jeu de gestion en associant construction, créatures fantastiques et humour noir, avec le soutien de l'éditeur indie.io.