Hellmate – Chess Deck Builder : les échecs ont trouvé leur roguelike
Nous avons terminé la démo de Hellmate, un étonnant mélange d'échecs et de deckbuilding dont les mécaniques stratégiques nous ont convaincus.
Associer les échecs à un roguelike construit autour de cartes peut sembler étrange. Pourtant, après trente minutes passées sur la démo de Hellmate – Chess Deck Builder, l'association fonctionne plutôt bien. Développé par Overbaked Studio, le jeu conserve les règles de déplacement des pièces traditionnelles tout en introduisant des invocations, des améliorations et des sorts. L'ensemble donne naissance à un jeu de stratégie où la préparation des attaques devient particulièrement satisfaisante.
La démonstration permet de parcourir les trois premiers étages de l'enfer, chacun composé de trois affrontements. Nous avons terminé ces neuf stages en une trentaine de minutes, suffisamment pour découvrir les principales mécaniques et commencer à expérimenter différentes approches. Cette première rencontre laisse une impression favorable, même si plusieurs questions subsistent concernant la difficulté et la profondeur de la version complète.
Un échiquier qui change les habitudes
Le fonctionnement des combats conserve les bases des échecs. Chaque pièce possède ses déplacements habituels, mais le joueur doit d'abord l'invoquer en utilisant une carte. Les unités apparaissent sur son bord de l'échiquier et ne peuvent commencer à se déplacer qu'au tour suivant.
Chaque tour accorde cinq points permettant de jouer les cartes. Un pion coûte un point, un fou deux points, un cavalier ou une tour trois points, tandis qu'une dame réclame cinq points. Certaines améliorations permettent d'augmenter cette réserve, offrant davantage de possibilités au cours d'un même tour.
La préparation devient une arme
L'intérêt du système apparaît lorsqu'on commence à préparer ses offensives sur plusieurs tours. Il est parfois préférable de consacrer une phase entière à positionner ses pièces pour organiser une attaque coordonnée lors du tour suivant. Le joueur retrouve alors une dimension essentielle des échecs : anticiper les déplacements adverses et créer des situations favorables avant de passer à l'offensive.
Le roi ennemi reste immobile et possède une réserve de points de vie à épuiser. Ses unités respectent les mouvements traditionnels des échecs, et le système réagit aux déplacements réalisés sur le plateau. Les combats reposent donc sur le placement et l'anticipation, enrichis par des capacités qui modifient progressivement les possibilités tactiques.
Un magasin pour construire sa stratégie
Après chaque affrontement, le joueur accède à une boutique permettant d'investir ses ressources. On peut y acheter des paquets de cartes, récupérer de nouveaux sorts, améliorer ses pièces ou choisir différents modificateurs. Cette étape donne au deckbuilding une place importante dans la progression.
Les sorts constituent notamment des cartes bonus pouvant être activées pendant les combats. Les pièces bénéficient également d'améliorations capables de modifier leur efficacité. L'intérêt vient de l'association de ces différents éléments avec les règles de l'échiquier, puisqu'une amélioration bien choisie peut rendre une position autrement plus dangereuse pour l'adversaire.
Des adversaires qui possèdent leurs propres atouts
Les ennemis disposent eux aussi de leurs cartes et peuvent utiliser des effets particuliers pendant les affrontements. Certains bonus restent actifs durant tout le round, comme une capacité permettant au roi adverse de récupérer deux points de vie à chaque tour.
Ces modifications obligent à adapter son approche. Un adversaire capable de régénérer sa santé encourage par exemple à préparer des attaques suffisamment importantes pour dépasser sa récupération. Cette interaction entre les cartes, les déplacements et les capacités des ennemis constitue l'un des aspects les plus intéressants de la formule.
Une difficulté encore modérée
Sur les trois étages disponibles, nous n'avons pas rencontré de véritable montée en difficulté. Les adversaires proposent leurs propres compositions et bonus, mais l'ensemble reste relativement accessible une fois les règles assimilées. Les différentes possibilités offertes au joueur semblent suffisamment puissantes pour prendre rapidement l'avantage.
Cette facilité pourrait naturellement provenir du contenu sélectionné pour la démonstration. Les quatre étages supplémentaires de la version complète devraient permettre d'observer comment les développeurs comptent faire évoluer les confrontations. Il faudra notamment vérifier si les ennemis parviennent à imposer des stratégies plus complexes et à exploiter davantage les possibilités du système.
Quelle durée pour une expédition complète ?
Nos trente minutes de jeu ont permis de terminer trois étages sur les sept annoncés. En conservant un rythme comparable, une expédition complète pourrait théoriquement avoisiner une heure et demie, même si les dernières régions pourraient demander davantage de temps.
Cette durée potentielle soulève une interrogation concernant la rejouabilité. La combinaison des cartes et des améliorations donne envie d'essayer d'autres stratégies, mais il faudra déterminer si les expéditions successives renouvellent suffisamment les situations. La présence de modes supplémentaires pourrait également enrichir l'expérience, même si leurs modalités restent à préciser.
Un potentiel de rejouabilité à confirmer
Hellmate possède déjà une qualité importante : sa formule donne envie d'expérimenter. Les différentes pièces, les sorts et les améliorations permettent d'imaginer plusieurs compositions, tandis que la préparation des offensives procure une satisfaction bien réelle.
Le jeu ne produit toutefois pas nécessairement le même plaisir immédiat qu'un Balatro, dont les combinaisons déclenchent régulièrement des résultats spectaculaires. Hellmate demande davantage de réflexion et de préparation, avec un rythme qui privilégie la construction d'une stratégie. Cette différence lui donne une identité propre, mais pourrait également limiter son attrait auprès des amateurs de roguelikes très nerveux.

Avant sortie
Impression a chaud
Cette démo de Hellmate – Chess Deck Builder nous a agréablement surpris. Le mariage entre les échecs et le deckbuilding dépasse le simple exercice de style : les deux systèmes se complètent et offrent de véritables possibilités stratégiques. Préparer ses pièces, anticiper les déplacements et déclencher plusieurs attaques coordonnées constitue le meilleur argument de cette première version jouable.
La difficulté encore modérée et les interrogations sur la rejouabilité empêchent cependant de tirer des conclusions définitives. Avec quatre étages supplémentaires, de nouveaux adversaires et davantage d'améliorations, la version complète possède encore une belle marge de progression. Hellmate est attendu le 19 janvier 2027 sur PC et macOS, tandis que sa démo reste gratuitement accessible sur Steam.

A propos du studio
Overbaked Studio est un studio indépendant fondé en 2026 et basé à Istanbul, en Turquie. Son équipe travaille à distance sur plusieurs projets, dont Hellmate – Chess Deck Builder et Grandma Left Me A Building, un jeu de gestion à l'ambiance nettement plus décontractée.